Afrique de l'Ouest: Sommet quadripartite sur la sécurité

Lomé, la capitale du Togo, a abrité un sommet quadripartite sur la sécurité sous-régionale, en présence du président turc, Tayyi Edogan, et de ses homologues togolais Faure Gnassingbé, burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, et libérien George Weah.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se rendra au Mali, au Niger, ce week-end, alors que les autorités maliennes de transition ont ouvert des négociations avec certains groupes terroristes.

Au centre des discussions, la situation politique et sécuritaire dans la sous-région ouest-africaine et dans le Sahel. De nouvelles pistes de solutions ont été proposées. Il a été convenu la mise en place d'un partenariat stratégique turco-africain, en vue d'apporter des solutions aux menaces sécuritaires régionales et inter-régionales.

Visite du Conseil de sécurité au Mali et au Niger

Le Conseil de sécurité de l'ONU sera ce week-end au Sahel, en visite au Mali et au Niger, pour pousser Bamako à revenir à un pouvoir civil après deux coups d'Etat militaires en neuf mois (août 2020 et mai 2021), dans une région marquée par une forte poussée djihadiste. « La région du Sahel est exposée à tous les défis. C'est là que sont les enjeux de la lutte contre le terrorisme, de la problématique humanitaire, de l'impact du changement climatique, de la bonne gouvernance », a déclaré l'ambassadeur du Niger auprès des Nations unies, Abdou Abarry. « La situation au Sahel demeure très fragile. La stabilisation du Mali nécessite de discuter de la façon de soutenir les efforts des pays du G5 Sahel pour assurer leur sécurité », a souligné l'ambassadeur de France, Nicolas de Rivière.

Pour le Conseil de sécurité, aller dans un pays dirigé par un militaire ne signifie pas « cautionner les coups d'Etat au Mali ». Ses diplomates vont dans la région pour « soutenir les organisations régionales comme la Cédéao, insister sur le respect des délais électoraux et, si ce n'est pas possible, avoir au moins un calendrier réaliste », a précisé l'un d'eux. La Cédéao a imposé des élections au Mali le 27 février 2022, mais le pouvoir estime qu'un report de quelques semaines ou mois n'est pas à exclure, l'important étant leur crédibilité.

Les autorités de transition initient des discussions avec des groupes terroristes

Le gouvernement de transition malien a mandaté le Haut conseil islamique pour ouvrir des discussions avec le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans d'Iyad Ag Ghaly, et avec la katiba Macina d'Amadou Kouffa, deux groupes terroristes liés à al-Qaïda. Les autorités de transition ont déjà exprimé leur volonté d'ouvrir de telles négociations, pour trouver un compromis entre les Maliens et mettre fin aux violences qui secouent le pays depuis 2013. Depuis quelques années, l'arrivée de nouveaux acteurs, notamment l'Etat Islamique au Grand Sahara a contribué à augmenter le nombre d'attaques contre les civils et les militaires dans le Sahel. Cette initiative n'est pas nouvelle, elle était déjà au centre des discussions au Mali depuis que la réponse militaire à la crise sécuritaire s'est avérée inefficace.

« C'est une demande populaire, il ne s'agit pas de tergiverser. L'écrasante majorité de la population malienne l'a exprimée avant même la transition », a déclaré le ministre malien des Affaires religieuses et du Culte, Mamadou Koné. Si cette solution peut apporter des résultats rapides concrètes, elle peut envenimer les relations entre Bamako et ses partenaires occidentaux, notamment la France. En juin dernier, le président français, Emmanuel Macron, déclarait : « On ne peut pas mener des opérations conjointes avec un pouvoir qui discute avec des groupes qui, à côté, tirent sur nos enfants ». A cela s'ajoutent des joutes verbales de ces dernières semaines concernant un rapprochement entre Bamako et Moscou et plus précisément le groupe Wagner, une sécurité militaire privée, une initiative qui s'inscrit dans un changement de paradigme.

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