Afrique: Esquisse d'une approche nouvelle sur la dynamique migratoire au Sénégal

22 Octobre 2021

Hier, au Centre de recherche ouest-africain (WARC) de Dakar, des acteurs et experts expérimentés sur le phénomène de la migration, ont tenu un débat citoyen ouvert dénommé «Pencum WARC». Les panélistes ont échangé sur la gestion et les dynamiques migratoires au Sénégal ainsi que les causes et conséquences.

La politique migratoire du Sénégal, dans le contexte de la fermeture des frontières européennes, tarde stratégiquement à être repensée. Déjà, depuis 2015, des stratégies de lutte n'ont pas empêché les migrants ou cette jeunesse «désespérée» de courir vers les pays couramment appelés les «El Dorado», malgré les énormes dangers et pertes humaines observés.

Hier, jeudi 21 octobre 2021, au WARC, un groupe d'experts citoyens notamment des sociologues, des spécialistes de développement urbain et des géographes ont échangé sur la question, dans le cadre d'un débat citoyen ouvert, interrogeant ainsi les politiques migratoires, les réseaux de départs et également les perspectives à soulever pour mettre un terme aux migrations «désespérées».

«Ailleurs est meilleurs». Une phrase ouvertement prononcé par un étudiant en Master de l'université de Bambey, en dit long sur les aspirations des candidats. Une telle inspiration est qualifiée d'illogique par l'ancienne ministre sénégalaise, Mme Ndioro Ndiaye, spécialiste des questions migratoires et modératrice du débat. «La migration a toujours été un problème pour nos Etats», a-t-elle répondu. Soulignant que dans les politiques d'accompagnement pour lutter contre la migration, «la jeunesse y est aussi invitée à jouer un rôle important».

De son côté, la sociologue Awa Diop a axé son intervention sur les perspectives de réussite qui poussent les jeunes à quitter leur pays. «En un moment donné, au Sénégal, la réussite dans les études et le voyage est pour certains la seule voix à emprunter afin de réussir. Car

les désignations "kaw man" (émigré), "ki mougui si kaw" (c'est un émigré), ont fait quelque chose dans l'imagination», relève Awa Diop.

Par ailleurs, éclater le couple de la migration et le développement, est sans doute, selon le spécialiste en Développement urbain et de la Migration internationale, Dr Serigne Mansour Tall, la solution. Et d'insister que la solution se trouve ailleurs : «les flux migratoires devrons s'arrêter parce qu'il y a des stratégies politiques à faire entrer à vigueur».

Pour M. Tall, ces politiques des gouvernements et celles des instances comme la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, (CEDEAO), sont des programmes d'action prioritaire. «Ceci étant, c'est dur de savoir que les connaissances des politiques migratoires sont loin d'être liées à la connaissance académique ; mais plutôt (celle) théorique est beaucoup plus importants», révèle-t-il.

Y'A-T-IL UN ECHEC DES POLITIQUES?

Qui sont les producteurs de ces politiques? Qui a des compétences sur les migrations? Ces deux questions pertinentes qui ont été acclamées par le public dans ses réactions ont été posées par le professeur de Géographie et chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, Pape Sakho. Partant de ces réactions, il montrera que les politiques liées à la migration externe comme interne ou Nord comme Sud prédisent déjà un échec. «On va vers l'échec. Parce que, depuis 2015, ils n'ont pas parlé que le même langage». Avant d'ajouter que «les solutions se sont toujours déclinées dans des politiques certes, mais non visionnaires», déclare le spécialiste des Transports, Mobilités urbaines et migratoires.

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