Cote d'Ivoire: Kady Touré (Actrice, réalisatrice) à propos des "Trois Lascars" - « Je croise les doigts pour qu'on soit dans le trio gagnant du FESPACO »

22 Octobre 2021
interview

Actrice, réalisatrice, présentatrice télé, vous faites beaucoup de chose à la fois. Comment vous arrivez à gérer tout cela ?

Ma force, c'est que j'ai pu construire d'abord de petites choses. Ensuite, je sais déléguer. Qu'on le veuille ou pas, il faut soi-même construire ses bases et laisser d'autres personnes gérer. Pour venir faire après le point. Gérer sa carrière n'est pas bien compliqué. C'est surtout la production télé, la présentation télé pour une émission quotidienne et une société de communication. J'ai une équipe qui travaille avec moi et qui me fait un bon point. Je supervise cette équipe quand je finis à la télé.

Vous avez réalisé plusieurs films dont l'interprète 1 et 2. Dans quel cadre vous êtes au Fespaco ?

Je suis au Fespaco en tant que professionnelle du cinéma. Vous savez bien qu'on avait reporté le Fespaco à cause de la maladie à coronavirus. Je suis là parce que j'ai joué dans le film, « Les trois Lascars ». Je suis donc venu pour apporter mon soutien à ce film. Et aussi faire mon réseautage parce que je prépare encore deux projets.

Qu'est-ce que la professionnelle Kady Touré pense de « Les trois Lascars » qui est en compétition officielle pour le Yennenga d'or ?

Personnellement ce n'est pas parce que j'ai joué là-dedans, mais j'estime que c'est un bon film. Je pense que c'est une belle comédie du point de vue de l'image, de la réalisation, du montage. Ce film a beaucoup de chance mais ce n'est pas un film de festival. C'est un film du public et je pense que ça va faire un gros carton dans les salles de cinéma. Je croise les doigts pour qu'on soit dans le trio gagnant à cette 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco) en plus de remporter les prix spéciaux.

Le Fespaco, c'est aussi le débat sur le financement du cinéma. Est-ce que le financement de notre cinéma par l'Ue au détriment de nos États peut permettre à notre 7e art d'être plus opérant ?

Ce qu'il faut, ce n'est pas forcement de calquer sur un modèle de cinéma ailleurs. Nous devons essayer de nous mettre ensemble. C'est pour cela que je me bats. Si nous parlons le même langage pour faire des films à cheval entre la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée, le Sénégal... Cela fera qu'en raison des accords-cadres qu'on aura, les films produits pourront tourner dans ces différents pays. Si la Côte d'Ivoire seule veut financer un film, c'est beaucoup d'argent. Si pour le même projet, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Sénégal s'associent, on aura beaucoup de production parce que nous allons disposer de moyens conséquents.

Comment s'est fait le financement des « Trois Lascars » ?

Le financement est venu des différents États qui sont la France, le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire, le Fonds de soutien à l'industrie cinématographique.

Un tel modèle de financement ne peut-il pas influencer les scenarii de nos réalisateurs ?

Non, un tel financement ne saurait influencer les scenarii. Nous avons été libre dans la réalisation. Le réalisateur a fait son projet qui a plu. Quand le projet est beau j'avoue qu'il n'y a pas de problème.

Quel est votre appréciation de la 27e édition du Fespaco qui a été un festival quelque peu difficile ?

Je constate qu'il y a eu du monde. On ne s'y attendait pas du tout. J'étais persuadé qu'on aurait des boxes vides. C'est important que les choses reprennent en ce moment. C'est à l'image de ce qui se passe en ce moment dans le monde. J'apprécie et je salue l'effort fourni. J'espère que le Fespaco prochain sera beaucoup plus attrayant.

Comment êtes-vous venue au Fespaco ? Est-ce avec l'accompagnement du ministère de la Culture, de l'industrie des Arts et du Spectacle ?

Je n'ai pas été accompagnée par le ministère de la Culture. Je suis venue de moi-même en tant que professionnelle du cinéma. Je suis venue avec mes propres moyens. Pourtant, la Côte d'Ivoire se devrait d'être présente à ce festival puisqu'elle présente des films. Il n'y a pas beaucoup d'acteurs qui sont présents.

Qu'est-ce qui explique l'absence de beaucoup d'acteurs ivoiriens ?

Il va falloir qu'on pose la question. Pour l'instant, je ne sais pas (éclat de rire). En tout cas, on ne nous a pas appelé à Ouaga. On ne nous a rien dit.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X