Madagascar: Réouverture des frontières - Reprises des trafics et magouilles

La flambée épidémique est redoutée après l'ouverture des frontières mais la reprise des trafics de tout genre est aussi à craindre.

Les récents faits qui ont défrayé la chronique sont loin d'être rassurants en matière de sécurisation des frontières. Les trafics dans les aéroports et nos ports se multiplient ces dernières semaines pour annoncer de mauvais signaux face à l'imminence de la réouverture officielle des frontières. Les faits tendent à confirmer que les frontières demeurent une passoire avec une complicité répréhensible de certains agents de l'Etat.

Mardi dernier, les autorités douanières épaulées par la gendarmerie ont pu mettre la main sur une tentative d'exportation illicite de pierres précieuses. Selon la douane, « un colis contenant 925g de pierres précieuses, dites pierres gemmes brutes, dans le bagage à main d'un passager, de nationalité sri-lankaise, du vol ET852 de la Compagnie Ethiopian Airlines à destination de Colombo, Sri Lanka » a été découvert à l'aéroport d'Ivato.

Complicité. « Une contre-visite effectuée par la douane, appuyée par des experts miniers » a pu contrecarrer ce trafic. En effet, l'opération « a permis de constater une fausse déclaration de valeur effectuée par le déclarant, soit 13.205 USD au lieu de 553.600 USD » a affirmé la douane. Le secrétaire d'Etat chargé de la gendarmerie, Serge Gellé, quant à lui, a affirmé, sans ambage, l'implication de hauts fonctionnaires derrière ce trafic de pierres précieuses qui a été déjoué de justesse par les autorités. « Il faut qu'ils cessent leurs activités illicites et illégales » a notamment tonné le général devant la presse alors qu'il s'est déplacé, lui-même, à Ivato, mardi soir, pour constater de visu l'exploit des agents de sécurité à l'aéroport. L'enquête qui est en cours sur ce dossier devrait alors démasquer ces agents de l'Etat qui participent à la dilapidation des richesses nationales.

Devises. Le 12 octobre dernier, le port de Nosy-Be a aussi perdu l'œil sur une contrebande de métaux précieux. Selon la douane, les autorités ont mis la main sur « 23,5 kg d'or non déclarés à Nosy-Be, ils ont été découverts et saisis à bord d'un navire à destination des Seychelles ». Une fois encore, une contre-visite effectuée conjointement par les autorités malgaches et seychelloises a été la clé de voûte de cette nouvelle traque. Jeudi dernier, une tentative d'exportation sans déclaration de devises d'une valeur totale de 28.775 euros, a été déjouée par la douane. Ce montant a été saisi dans le bagage à main d'un passager enregistré pour le vol AF 935 à destination de Paris CDG, a affirmé la douane.

Falsification informatique. À tort ou à raison, la douane est mise en cause dans les genres de trafic. Les déclarations qui ont été truquées par les trafiquants sont une formalité au niveau de l'administration douanière. Et malgré les efforts entrepris par les autorités dans le renforcement de lutte contre la contrebande au niveau des frontières, le trafic demande une compétence particulière, rompue par les arcanes de l'administration douanière, pour contourner les dispositifs en place. Comme ce cas qui vient d'être dévoilé par une chaîne de télévision étrangère. Hier, la chaîne française France 24 a dévoilé au grand jour une opération de falsification informatique qui aurait coûté à la caisse de l'Etat la somme de près de 2 milliards d'ariary. Une société privée locale est au cœur de cette magouille, le Directeur général de la douane n'a pas nié les faits dans son intervention sur la chaîne France 24. Lui qui s'est défendu avoir « agi en toute légalité et suivant les dispositions des textes en vigueur ». Le trafic dans son département est à exclure.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X