Madagascar: Travail des enfants et exploitation minière - Énième interpellation de la société civile

La paupérisation de la pauvreté constituerait l'une des causes de la présence d'enfants dans les sites d'exploitation minière à Madagascar. Une problématique qui touche plus les exploitations minières artisanales dont la majorité se font dans l'informel.

« Le travail des enfants dans le secteur de l'exploitation minière est un sujet très délicat. Ce, dans la mesure où les enfants qui œuvrent dans les mines artisanales, dans la majeure partie des cas, y sont parce qu'ils ressentent le besoin d'aider leurs parents ». Propos de Clément Rabenandrasana, secrétaire exécutif de l'OSCIE ou Organisation de la Société Civile sur les Industries Extractives qui font état de la situation du travail des enfants dans le secteur de l'exploitation minière à Madagascar.

Une situation qui toucherait des milliers d'enfants à Madagascar à l'instar de ceux qui travaillent dans le secteur de l'extraction de Micka à Amboasary, les enfants travaillant dans les carrières d'Antananarivo, Sakaraha ou encore les exploitations aurifères de Betsiaka. En effet, selon Clément Rabenandrasana, « les actes sont dictés par la nécessité pour ces enfants de faire rentrer plus d'argent dans la caisse du foyer ». Une situation d'extrême pauvreté qui les contraindrait à prendre part à des activités qui ne correspondent pas à leur âge, nuisent à leurs droits fondamentaux (éducation, santé... ) et qui les mettent quotidiennement en danger. Et qui sont exacerbés par la force de la loi de l'offre et de la demande de ces richesses naturelles.

Substitut. La délicatesse du sujet résiderait dans la mise en place de mesures pouvant empêcher un enfant de participer à la satisfaction des besoins de sa famille. « La loi interdit le travail des enfants. Donc, si on soustrait ces enfants de leurs activités, qu'est-ce qui va remplacer leurs efforts dans le fonctionnement de leur foyer ? », s'est demandé le secrétaire exécutif de l'OSCIE. Ce que Corine Huynh Rahoeliarisoa, coordinateur national de la Coalition Nationale de Plaidoyer Environnemental confirme, « la solution réside dans la solution de remplacement de cette nécessité pour les enfants de renflouer les caisses de leurs familles ». Aussi bien Corine Huynh Rahoeliarisoa que Clément Rabenandrasana soulignent « l'importance de la prise de responsabilité de l'État ».

La pauvreté est, en effet, une problématique sociale majeure à laquelle l'État n'arrive pas à trouver une solution pérenne pouvant extirper les enfants du travail dans les mines. Des solutions comme les activités génératrices de revenus sont menées par les divers acteurs comme les membres de la société civile. « Des solutions qui ne sont pas efficaces et efficientes si l'on se base sur notre expérience », soulèvent toutefois nos interlocuteurs. Une inefficacité qui s'expliquerait par les approches, les méthodologies de mise en œuvre de ces activités si l'on s'en tient aux dires du coordonnateur national de la Coalition National de Plaidoyer Environnemental.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X