Libye: Si les Libyens veulent

Ils peuvent saisir l'occasion que va leur offrir l'échéance de la présidentielle du 24 décembre prochain pour écrire une nouvelle page de l'histoire de leur pays. Ils tourneront ainsi celle de la longue période sombre des dix dernières années, rédigée forcément pour eux par d'autres. Ils écriront cette nouvelle page de leurs propres mains pour être en droit de décider eux-mêmes de l'avenir de leur nation.

Pour cela, il leur faut, dans le moment présent, regarder autour d'eux pour réaliser qu'aucun progrès ne se construira si les forces extérieures continuent de tirer la Libye à la courte paille comme cela est le cas depuis leur intervention musclée du milieu de l'an 2011. Cette intervention est à l'origine des désordres actuels constatés dans la grande région du Sahel.

Prendre leur destin en main signifie que les Libyens considèrent comme une ultime chance la mobilisation des partenaires « civils » qui les ont rencontrés pendant plusieurs heures, jeudi 21 octobre, à Tripoli, pour parler de la sortie de crise par le biais des élections. Tout autour de l'ancienne Jamahiriya arabe libyenne socialiste, en dépit des problèmes inhérents à la gestion des Etats, ses voisins ont passé l'étape des printemps tumultueux de la dernière décennie et vont de l'avant.

Pour les pays et les hommes qui ambitionnent d'en prendre les rênes, le miracle de l'autocritique s'entrouvre dans le contexte où se trouve la Libye aujourd'hui. Il est de savoir s'arrêter, de tirer les leçons du passé et décider pour l'avenir. Ce miracle, les Libyens peuvent le produire s'ils le conjuguent avec volonté, humilité et amour du pays. Il s'agit dans cette quête du futur radieux pour tous d'œuvrer à échanger les moyens de la guerre par les ouvrages de la paix au nombre desquels figurent le dialogue et la concertation.

Après tant d'années passées à s'entredéchirer, pour un résultat globalement nul, les Libyens peuvent se rendre compte que leur pays naguère respecté est devenu un refuge pour migrants, bien plus, un gîte à mercenaires, lesquels sont estimés entre vingt et vingt-cinq mille, opérant à leur compte personnel ou pour celui des puissances qui en tirent sans doute le meilleur parti.

Certes, les dix dernières années les ont aguerris à la lutte armée, mais les guerres civiles sont toujours une grande illusion, elles éveillent les démons de la division qui s'endorment sur les tombeaux emplis de regrets. Redevenir civilement responsable là où chacun veut l'être militairement du fait du maniement des armes peut prendre du temps. Car il ne suffit pas que dans la perspective du scrutin du 24 décembre chacun accroche sa vareuse et range son béret ainsi que ses insignes de grade pour competir, il faut, pour que tout rentre dans le bon ordre, que le verdict des urnes souvent impitoyable soit respecté par tous.

S'ils le veulent, les Libyens peuvent bien conclure cette année 2021 avec plus ou moins de bonheur grâce à l'arbitrage du suffrage universel. Que ceux qui sont attachés à un tel aboutissement où qu'ils se trouvent, accompagnent le processus de réconciliation en cours jusqu'à son terme. On verra que le front agité de la bande sahélo-saharienne où fourmillent toutes sortes de prédateurs armés déclinera lentement et sûrement.

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