Afrique: «Nous sommes à moins de 4% de vaccination», Paulo Gomes, membre du conseil d'administration du fonds de reponse à la Covid-19 de l'union africaine

25 Octobre 2021

Le Sénégal, à travers la cartographie nécessaire a pu prendre une certaine ligne d'avance vis-à-vis des autres pays de la sous-région pour se positionner comme «le hub pharmaceutique et biomédical», a dit Paulo Gomes, homme d'affaires africain, ancien administrateur du groupe des 25 pays africains à la Banque mondiale. Il prenait part vendredi dernier à Dakar à un atelier intensif de structuration du plan de relance de l'industrie pharmaceutique, sanctionnée par une feuille de route dudit projet.

L'absence de coordination mondiale dans le cadre de la lutte contre la covid-19 pour des raisons de nationalisme qui a envahi la plupart des pays, a porté préjudice à l'Afrique en termes de couverture vaccinale contre cette pandémie. D'où le très faible taux de couverture vaccinale au plan continental qui se situe en dessous de 4% à ce jour.

« Nous sommes nettement à moins de 4% de l'objectif », déplore, Paulo Gomes, co-président de l'initiative des AfroChampions et membre du conseil d'administration du fonds de réponse à la covid-19 de l'Union Africaine pour, dit-il, malheureusement « des raisons de nationalisme de vaccins qui a envahi la plupart des pays ».

Il l'a fait savoir vendredi 22 octobre 2021, à Dakar, en marge d'une séance de clôture d'un atelier intensif de structuration du plan de relance du secteur de l'industrie pharmaceutique. Tout ceci, faute de coordination mondiale en termes de demande de vaccins pour pouvoir y faire face. Donc, l'Afrique est encore de loin en deçà de ces objectifs de vaccination.

En juin dernier la Banque mondiale (Bm) et l'Union africaine (Ua) annoncaient qu'elles s'associaient afin de soutenir l'équipe spéciale pour l'acquisition de vaccins en Afrique (Avatt), à l'aide de ressources devant permettre auxdits pays d'acheter et de déployer des vaccins au profit de 400 millions de personnes, avec en ligne de mire l'objectif de l'Ua de vacciner 60 % de la population du continent d'ici 2022.

La feuille de route du Sénégal fera tache d'huile pour les autres pays

Certes, « il y a, à espérer » mais « je pense même jusqu' en 2022, nous serons encore de loin des objectifs », s'en désole-t-il.Toutefois, « ceci est un enseignement pour les africains de comprendre qu'ils ont un rôle important à jouer dans le concert des nations en termes de développement sur tous les plans », rappelle-t-il non sans saluer l'engagement du gouvernement Sénégalais qui a saisi cette maldonne pour relancer son industrie pharmaceutique.

Cette volonté du Sénégal de pouvoir créer son écosystème sanitaire, sa souveraineté pharmaceutique est « fondamentale et nous pensons très sincèrement que ça aura un effet contagieux sur les autres pays » mais bien au-delà de ça, « nous pensons qu'au niveau du secteur privé notamment avec Orango et d'AfroChampions, qui sont des entités et parties prenantes dans Pharmapolis ». Paulo Gomes, économiste de métier, et ancien administrateur du groupe des 25 pays africains à la Banque mondiale, en charge de la définition des politiques publiques et stratégies au sein du conseil d'administration d'encourager le Sénégal pour sa feuille de route pour la relance de l'industrie pharmaceutique. « Nous pensons que le Sénégal pourra se positionner en hub central pour la création de cette chaine de valeur régionale, nécessaire pour la couverture sanitaire ».

Le parc Pharmapolis de Diass va régler le problème des médicaments de première main

Le technocrate international fait savoir ceci : « Nous travaillons au Sénégal, dans le cadre d'Orango, et d'autres acteurs privés, sur la création d'un parc industriel pour l'installation des entreprises pharmaceutiques pour la fabrication des médicaments les plus urgents, appelé Pharmapolis ». Dans ce cadre, renseigne-t-il « le gouvernement du Sénégal a préparé une stratégie, en concertation avec le privé, pour encourager la fabrication locale des médicaments, alimenter le marché local mais aussi les pays voisins ». Et c'était une des recommandations formulées par AfroChampions, avec l'appui technique de McKinsey...

Sous ce rapport souligne-t-il : « Nous sommes déjà en train de discuter avec des entreprises pharmaceutiques à travers le monde pour l'installation au Sénégal d'un véritable hub pharmaceutique. Beaucoup de choses relatives à la pharmacopée ont été faites à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et je pense qu'on pourrait développer ces recherches dans le cadre d'un centre d'incubation dans ce parc industriel pharmaceutique. C'est vraiment quelque chose d'innovant qui impulser la sous-région."

Il poursuit : « Nous discutons avec Pfizer, Johnson & Johnson, au niveau local et des marchés émergents en matière de fabrication de médicaments génériques pour répondre à nos besoins en médicaments ».

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