Congo-Brazzaville: Fuite des capitaux - La banque centrale et le secteur extractif trouvent un compromis

Le déficit sur les réserves de change a conduit la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) à durcir les conditions de transfert de fonds hors de la sous-région. Impactées par la mesure sur la règlementation de changes, les industries extractives négocient un assouplissement.

Le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, s'est entretenu le 14 octobre à Washington avec les représentants des entreprises extractives de la zone Cémac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). La table ronde a permis aux industriels d'évoquer leurs préoccupations par rapport à la règlementation des changes.

« Reconnaissant pleinement l'importance capitale de la règlementation des changes de la Cémac, les représentants de l'industrie extractive ont marqué leur disponibilité à collaborer avec la banque centrale dans l'élaboration d'un cadre opérationnel qui soit compatible avec les objectifs de stabilité extérieure et de croissance économique de la sous-région, et aux meilleures pratiques de transparence des flux financiers », précise le communiqué de la rencontre.

Depuis avril dernier, l'institut d'émission des six pays de la zone Cémac (Gabon, Congo, Centrafrique, Tchad, Guinée équatoriale, Cameroun) a engagé un contrôle au terme duquel les coupables seront sanctionnés. La mesure a entraîné un vent de panique au sein des industries minières et pétrolières. La Banque centrale a demandé à tous les agents économiques résidents dans la sous-région, ayant fait sortir des devises pour importer des biens et services, de fournir les preuves que ceux-ci sont réellement arrivés dans la sous-région, au prorata des devises débloquées.

La banque centrale espère ainsi mettre la main sur les opérateurs qui sont à l'origine du déficit de la balance courante observé au cours de l'exercice 2020. Si les chiffres exacts de ce déficit ne sont pas communiqués, les médias parlent quand même d'un déficit considérable qui a entraîné depuis quelques mois une réduction du taux de couverture de la monnaie de cinq à dix points.

À partir de mars 2019, un nouveau règlement sur les devises a été adopté par les membres de la Cémac, en vue de lutter contre la sortie incontrôlée des capitaux. Les États membres ont mandaté leur banque centrale pour restreindre les paiements en devises des particuliers et des entreprises dans ces pays. À ce jour, tous les secteurs de l'économie sans exception seront soumis à la nouvelle réglementation.

Ces mesures exigent, par exemple, que pour toute transaction de plus d'un million de francs CFA hors zone, il faut une approbation des autorités bancaires. Les entreprises et les particuliers doivent désormais également recevoir une autorisation de la banque centrale avant d'ouvrir un compte en dehors de la région. Cette restriction n'est pas bien accueillie par les opérateurs économiques, qui dénoncent le pouvoir arbitraire de la banque centrale.

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