Cameroun: Massacre de Kumba 2020 - Un mémorial de mots pour l'enfance

« Kumba ! The Innocent's blood ou le sang des innocents », livre parrainé par le Pr Marie-Thérèse Abena Ondoa, est sorti officiellement ce 24 octobre, un an après la tragédie.

Le samedi 24 octobre 2020, le complexe scolaire privé Mother Francisca International Bilingual Academy de Kumba, dans la région du Sud-Ouest, est pris d'assaut par un groupe d'hommes armés. Sept enfants sont tués (Jenifer, Rema, Syndi, Princess, Victory, Telma, Renny) et près d'une quinzaine d'autres sont blessés. Un massacre qui a soulevé une vague d'horreur et d'indignation.

Et à ces voix qui se sont élevées depuis la tragédie et qui continuent de le faire, s'est joint le cri collectif de quatre écrivaines camerounaises. Ainsi, Danielle Eyango, Nyangha Sandy, Chantal Bonono, Sophie Françoise Bapambe Yap Libock ont matérialisé leur cri par un livre commémoratif de 100 pages, sorti officiellement ce dimanche 24 octobre 2021 : « Kumba ! The Innocent's blood ou le sang des innocents », publié aux Editions Proximité.

Le projet collaboratif, coordonné par Sophie Yap Libock, est parrainé par le Pr Marie-Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, qui a rédigé la préface de l'ouvrage. Elle y revient sur les raisons de l'adhésion de son département ministériel au livre, « face à ces atrocités qui, non seulement ont plongé une fois de plus, plutôt une fois de trop, les familles dans la consternation et la douleur, mais aussi ont violé, de manière flagrante, deux des droits fondamentaux de l'enfant, à savoir le droit à la vie et le droit à l'éducation (...) En parrainant cet ouvrage, je joins ma voix à celle de ces écrivaines pour dire : Plus jamais ça ! Comme elles, j'appelle de tous mes vœux le retour à la paix et à la stabilité, gage de développement. »

« Kumba ! The Innocent's blood ou le sang des innocents » est un recueil de quinze textes en français ou en anglais déclinés en plusieurs genres littéraires : poème, nouvelle, conte et lettre.

Des formes qui s'expriment de « Shot dead » à « Children of war », en passant par « The Bridge », « A Journey back home », « Lettre d'outre-tombe à ma maman », « Child of my loins ». Des textes qui plongent dans le violent quotidien de la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, et donnent visages et parole à ces êtres qu'on pense être loin de nous. Un rendu plus vrai que nature sous les plumes notamment de Nyangha Sandy, qui vit à Buea et dont l'écriture est meurtrie dans sa chair, et Danielle Eyango, qui est allée sur le terrain dans le NoSo, où elle a recueilli de nombreux témoignages.

Et au final, on a des écrits qui ne s'insurgent pas seulement contre la barbarie, mais qui obligent le lecteur à ne pas tourner la tête de l'autre côté, parce que cette crise, elle se passe au Cameroun et menace la paix et la stabilité de toute la nation. Et les victimes sont des Camerounais.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X