Congo-Brazzaville: Kindeswe - Jean-Alain Masela donne du style aux bouteilles en plastique recyclées

Les visiteurs du premier salon de design mobilier et textile de Kinshasa, qui se tient du 21 au 27 octobre à l'Académie des Beaux-arts, sont contemplatifs face aux œuvres d'arts insolites du designer exposées dans le dernier stand à droite, des objets décoratifs, des sculptures et tableaux en plus des meubles en bois et métal.

Passées entre les mains du designer Jean-Alain Masela, les bouteilles en plastiques ordinaires deviennent assez chic pour participer à la décoration des intérieurs, salles de séjour, chambres ou bureaux. Les créations dorées proposées par l'ancien étudiant de l'Académie des Beaux-arts (ABA), à poser sur les murs ou sur une table, plaisent au premier regard. Un peu décalé du stand posé sur le mur blanc à droite du stand, Mopepe est un tableau superbe qui ne passe pas inaperçu. Deux autres, Harakiri et Nuni ou Vol d'oiseau sont sublimés par les reflets des appliques muraux, également réalisés par le CEO d'Empreinte design lui-même. Estampillées Zuzi na Nzau, sa marque, elles ne laissent pas indifférents les visiteurs qu'elles intriguent tout de suite. En effet, ces derniers ne cachent pas leur surprise à entendre le designer leur dire que ce sont des bouteilles de plastiques recyclées.

Les sculptures posées sur la table de jardin qu'il expose également, à l'instar de Kinshasa après la pluie et Mama Kongo; produisent le même effet que les tableaux, elles surprennent et charment. C'est pareil pour Congo, mon pays sur son socle blanc qui le met encore plus en valeur. Les œuvres d'art obtenues à partir des bouteilles de plastique froissées ont une apparence identique à celles réalisés en bronze ou autres matières habituelles. Pourtant, souligne Jean-Alain Masela, « à la base, je ne suis pas sculpteur mais le plastique est venu à moi et j'ai orienté mon travail dans ce domaine »

Ses différentes créations, a indiqué le designer, sont nées de bouteilles recyclées. « Pour le moment, nous utilisons essentiellement les bouteilles de plastique pour réaliser des sculptures en ronde-bosse que l'on peut contourner, sinon, il y aussi des bas-reliefs à poser sur un mur ou une paroi que vous ne pouvez regarder que de côté ou de face », a expliqué Jean-Alain Masela. En outre, affirme-t-il : « Le plastique est un matériau facile à trouver et très bon marché. Et, comparé à d'autres œuvres d'art réalisés avec le bronze et d'autres matières dont le travail demande beaucoup d'énergie et de sueur, la nôtre se manipule plus facilement ». Et, en ce qui concerne la réalisation, le designer souligne que l'usage du plastique en sculpture comporte de gros avantages : « Nous pouvons obtenir une bonne masse avec les bouteilles, une masse assez importante avec un poids considérablement réduit parce que son travail est de loin plus aisé.

L'on peut obtenir du résultat en travaillant à la maison alors que pour le bronze, le métal, l'aluminium, il aurait fallu travailler dur, un vrai ouvrage de forgeron et de fourneau. Le travail du plastique permet un gain de temps avec la possibilité de produire plusieurs unités et de réduire les coûts. Aujourd'hui, il est difficile de se procurer des œuvres d'arts bon marché parce qu'il est difficile de travailler et parvenir à un résultat satisfaisant sans passer par différentes étapes laborieuses alors qu'avec le plastique ce n'est pas le cas. Cela permet donc une réduction de prix considérable ».

Jean-Alain Masela réalise un plus large éventail d'articles, outre ceux en exposition à Kindeswe Tala tala 1, il en a conçu divers autres. « Nous avons créé notamment des lampes de table et de chevet mais aussi un tas d'autres choses », fait-il savoir à cet effet. En outre, soutient-il encore : « Le plastique n'a de limite que votre créativité, vous pouvez en faire tout ce que vous voulez ». À son niveau, il affirme pouvoir obtenir « des formes que l'on ne peut pas forcément obtenir avec les matériaux habituels parce que le plastique froissé offre la possibilité de réaliser certains angles qui auraient été laborieux à obtenir avec les procédés de sculpture habituels. Avec le plastique froissé on obtient plusieurs effets et il suffit de peindre une fois l'ouvrage achevé ».

Une matière qui ne manque pas

Le recyclage est une des options qu'a choisi d'explorer Jean-Alain Masela dans sa pratique artistique parce que, soutient-il : « Le plastique est une matière qui ne manque pas. C'est ainsi que nous avons décidé d'en faire des œuvres d'art ». Et de confier au Courrier de Kinshasa : « Nous en sommes à notre première expérience, les thèmes sont surtout tournés vers l'écologie, les méfaits du plastique dans la nature. Nous réutilisons le plastique pour pouvoir parler aux gens, les conscientiser parce que c'est une matière qu'ils connaissent et c'est plus facile de communiquer à travers elle car ils la connaissent bien ».

Par ailleurs, a-t-il encore renchéri : « Nous avons tous une petite histoire avec le plastique parce que nous le fréquentons, en faisons usage au quotidien. Il sert notamment à emballer, ranger et conditionner l'eau à boire pour faciliter son transport selon la quantité qui nous convient ».

Le designer a poursuivi avec cette observation : « Le plastique est donc omniprésent dans notre quotidien mais, autant qu'il est utile, autant il cause aussi des dégâts que l'on ne peut mesurer. Et, ce n'est pas prêt de s'arrêter si l'on n'y prend garde ». Dès lors, a soutenu ici le patron d'Empreinte design : « Parmi les solutions qui se présentent, car le mieux, à mon avis, ce serait de trouver une autre matière qui aurait pu rendre le même service que le plastique sans polluer comme il le fait. Car, tel qu'il est présenté, en bouteille, le plastique pose un réel problème à la société : nos rivières débordent lors des pluies parce qu'elles bloquent le passage des eaux, provoquent des ravins et occasionnent un tas d'autres dégâts. Certaines flottent jusque dans le fleuve continuent leur parcours dans son lit, d'autres échouent sur le rivage, sinon, elles vont jusqu'à la mer et là, elles infestent les fonds marins. Il est temps d'y réfléchir et de trouver des solutions ».

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