Congo-Brazzaville: Justice - La Cour d'appel de Versailles a requis huit ans de prison ferme contre Koffi Olomide

Jugé le 25 octobre, la « Légende » congolaise a été condamnée, en dépit de ses contestations, pour agressions sexuelles et séquestration sur quatre de ses anciennes danseuses, des faits commis lors de tournées en France, selon des plaintes déposées entre 2007 et 2013.

La sentence est tombée dans la soirée du 25 octobre. Parti pour la France en prévision du concert qu'il devait tenir le 27 novembre à Paris La Défense Arena, un show finalement annulé, Koffi Olomide n'est pas au bout de ses peines. Cinq jours seulement après cette annulation, intervenue le 20 octobre, qu'il a annoncé alors avec « une grande tristesse », la star fait face à la décision accablante de la Cour d'appel de Versailles qui le condamne à huit ans de prison ferme.

Le Figaro renseigne qu'en sa présence, le parquet a fait la demande de revenir sur l'affaire qualifiant le premier jugement de « naufrage » et « de reconnaître coupable » l'« homme puissant », estimant qu'il s'en était tiré à trop bon compte en première instance. L'on se souvient qu'en mars 2019, le tribunal de Nanterre l'avait juste condamné, « à deux ans de prison avec sursis pour "atteinte sexuelle" » sur l'une des quatre jeunes plaignantes, « déclarée mineure au moment des faits », souligne le média français. Cette peine symbolique n'avait vraisemblablement pas été digérée par le ministère public dès lors qu'il avait requis sept ans d'emprisonnement ferme. C'est donc à cet effet qu'il avait fait appel de cette condamnation car Koffi « avait été relaxé des poursuites concernant trois des danseuses ».

Les accusations des quatre ex-danseuses du Grand Mopao, qui se sont constituées partie civile au procès, évoquent séquestrations et abus sexuels. Selon les plaintes déposées entre 2007 et 2013, il les avait « enfermées dans un pavillon gardé près de Paris, lors de ses tournées françaises » et « forcées à avoir des relations sexuelles avec lui, de façon régulière pour certaines ». Par peur de représailles, aucune d'entre elles n'a jamais plus remis les pieds à Kinshasa. S'il faut s'en tenir à la mésaventure de Pamela, la danseuse à qui Koffi avait donné un coup de pied à l'aéroport de Nairobi en 2016, qui était passée de victime à coupable, leur crainte est bien justifiée. En effet, quand on sait l'emprise que le patron de Quartier Latin a sur elles, aux dires de plusieurs proches de ce milieu, il y a lieu d'y croire. Il nous revient d'ailleurs, rapporte Le Figaro, que l'une des ex-danseuses « a déclaré avoir fait au moins une tentative de suicide ».

Droit de regard sur les sorties

Par ailleurs, l'on apprend que le GOAT (Great star of all the time), comme il se plait à se faire appeler en ce moment, « s'est pour la première fois exprimé publiquement sur l'affaire » à l'audience de lundi, « dénonçant les "mensonges" des parties civiles ». Il a dénoncé « un "complot" pour "casser (sa) carrière" », qualifiant les propos des danseuses de « récits concertés ». Et, lorsque l'une d'elles « en larmes à la barre » a expliqué : « Ça s'est passé dans des hôtels, parfois dans la voiture (...) dans des studios d'enregistrement... », Koffi a perdu toute contenance. Il s'est de prime abord exclamé : « C'est faux, c'est tout faux» et a poursuivi : « à aucun moment je n'étais seul avec ces filles ». Par ailleurs, les plaignantes ont soutenu, souligne-t-on, « avoir été forcées à subir des relations sexuelles "plusieurs fois" puis "trois fois par semaine" pour l'une ou "trois ou quatre fois dans le mois" pour une autre ».

Quant à la séquestration, il s'en est défendu assurant qu'« elles "allaient sur les Champs-Élysées" librement ». Et au sujet de l'escorte qu'on leur imposait, il a répondu : « Elles demandaient qu'on les accompagne ». Néanmoins, fait savoir le média français, Olomidé a reconnu exercer un « "droit de regard" sur leurs sorties », invoquant le fait qu'au Congo, l'on a « tous le rêve français ». A cet effet, la star « a plaidé qu'il devait vérifier qu'elles ne cherchaient pas à rester illégalement en France à l'issue de la tournée parisienne », apprend-on.

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