Afrique: Un système de "notification" des maladies d'origine alimentaire en gestation au Sénégal

Thiès — Le Sénégal est en train d'élaborer un système de "notification" des maladies d'origine alimentaire pour mieux évaluer leur ampleur, a-t-on appris, mercredi, à Thiès (ouest), de l'ingénieure sanitaire Ndèye Mame Diarra Faye, responsable d'une initiative consacrée à cette question.

"On va vers un système de notification des maladies d'origine alimentaire", a dit Mme Faye, la coordinatrice du projet "Amélioration des capacités de surveillance intégrée et de réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments au Sénégal et au Burkina Faso".

"Ce système nous permettra de mieux évaluer l'ampleur des maladies d'origine alimentaire", a-t-elle précisé en marge d'un exercice de simulation du Plan national de réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments (PNRUSSA).

Les maladies causées par l'alimentation sont un "véritable problème de santé publique", a souligné Ndèye Mame Diarra Faye, ajoutant qu'elles ne sont pas "encore documentées" au Sénégal.

Parce qu'il n'existe pas de données sur cette catégorie de maladies, le nombre de cas n'apparaît pas dans le système de surveillance épidémiologique du pays, selon Mme Faye.

"Avec l'aide de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), on est en train de mettre en place une plateforme électronique qui va contribuer à une meilleure centralisation des informations, dans le cadre de la sécurité sanitaire des aliments, et contribuer à une meilleure prise de décision", a annoncé l'ingénieure sanitaire.

Selon elle, le fait d'avoir les informations "en temps opportun" permettra aux autorités de prendre les décisions nécessaires pour limiter les risques de propagation des maladies d'origine alimentaire.

Lancé lundi, l'exercice de simulation va se poursuivre jusqu'à vendredi. Il s'agit de simuler une intoxication causée par la consommation d'un "lakh", de la bouillie de mil arrosée de lait, lors d'un baptême.

La simulation permettra de tester la capacité du PNRUSSA à gérer une pareille urgence sanitaire.

La sécurité sanitaire des aliments concerne les ministères du Commerce, de l'Elevage, de la Pêche, de l'Hygiène publique et de l'Environnement, les forces de l'ordre et les associations de consommateurs.

L'exercice de simulation du PNRUSSA s'effectue dans le sillage du projet "Amélioration des capacités de surveillance intégrée et de réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments au Sénégal et au Burkina Faso".

Ce projet est financé par le Luxembourg. La FAO participe à sa mise en œuvre, sous la direction du ministère de la Santé et de l'Action sociale.

Une étude de l'Organisation mondiale de la santé estime qu'il y a 420.000 cas de maladie d'origine alimentaire par an dans le monde. La mortalité est plus forte en Afrique que dans le reste du monde, et les enfants en bas âge paient le plus lourd tribut à cette catégorie de maladie, selon Mme Faye.

Quelque 137.000 décès ont été recensés en Afrique en 2015, ce qui représente environ un tiers de la mortalité mondiale causée par les maladies d'origine alimentaire, a indiqué, lors du lancement de l'exercice, l'expert en sécurité sanitaire Mamadou Ndiaye, coordonnateur du bureau de la FAO en Afrique de l'Ouest.

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