Maroc: Légitime satisfaction à Rabat - Affligeante consternation à Alger

Le Conseil de sécurité de l'ONU vient d'assener un cinglant revers à l'Algérie et aux pantins séparatistes en adoptant vendredi dernier la résolution 2602 consacrant les acquis réalisés par le Royaume dans le dossier du Sahara.

«Le Maroc salue cette résolution importante au vu de son contexte, de son contenu et des positions exprimées à la faveur de son adoption (...), et qui a conforté les acquis réalisés par le Royaume dans ce dossier », a assuré le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors d'un point de presse tenu suite à l'adoption de cette résolution qui a prorogé pour une année le mandat de la MINURSO, tout en consacrant, une fois de plus, la prééminence de l'initiative marocaine d'autonomie quant à la résolution du conflit artificiel autour du Sahara marocain, a fait savoir une dépêche de la MAP.

Selon Nasser Bourita, la nouvelle résolution apporte cinq "importantes" réponses aux manœuvres et agitations des adversaires de l'intégrité territoriale du Royaume. La première réponse a trait au format du processus relevant que le Conseil de sécurité a affirmé que les tables rondes, avec la participation de toutes les parties, en sont le seul mécanisme de gestion.

La deuxième se rapporte à la finalité du processus qui doit déboucher sur une solution réaliste, pratique et basée sur le compromis. Selon Nasser Bourita, ces qualificatifs suscitent l'anxiété des autres parties car renvoyant vers le plan marocain d'autonomie et écartant toute autre option qui ne soit pas réaliste.

Pour ce qui est de la troisième réponse, le Conseil de sécurité souligne que l'Algérie, citée 5 fois dans sa résolution, au même titre que le Maroc, a une responsabilité à assumer dans ce dossier. Partant de cela, la résolution du Conseil affirme que l'Algérie est appelée à s'impliquer tout au long du processus politique en vue de son aboutissement. Omar Hilale L'Algérie a un agenda politique qu'elle utilise comme exutoire à ses problèmes, alors que pour le Maroc, il s'agit d'une cause nationale sacrée

Le Conseil de sécurité a apporté une autre réponse, la quatrième, en lien avec la rupture du cessez-le-feu. L'organe exécutif de l'ONU a, en effet, exprimé sa "profonde inquiétude" affirmant que "nous connaissons la partie qui a officiellement annoncé son retrait des accords y afférents au moment où le Maroc avait réaffirmé son engagement à en respecter les dispositions", a fait savoir Nasser Bourita, soulignant que l'inquiétude du Conseil de sécurité envoie un message aux parties mettant en péril le cessez-le-feu pour qu'elles assument leurs responsabilités.

D'après le ministre, il s'agit également d'un message fort envoyé à l'Algérie et au Polisario selon lequel la communauté internationale ne permettra aucune atteinte à la stabilité dans cette région. Nasser Bourita La résolution 2602 consacre les acquis réalisés par le Royaume dans le dossier du Sahara

Quant à la cinquième réponse, elle est relative aux acquis engrangés par le Maroc au fil des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité ces dernières années. Nasser Bourita a, dans ce sens, fait état de tentatives d'écorner ces acquis qui sont tous aujourd'hui contenus dans la résolution 2602. Parmi lesquels figure le plan d'autonomie comme cadre réaliste, pratique et crédible et seule perspective du règlement du dossier du Sahara.

Pour sa part, l'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU, Omar Hilale, a souligné lors de sa conférence de presse au Conseil de sécurité suite à l'adoption de la nouvelle résolution, que le Conseil de sécurité de l'ONU confirme le "continuum" du processus des tables rondes en tant que "seul et unique" cadre pour le règlement du différend régional autour du Sahara marocain.

Selon lui, la nouvelle résolution, qui s'inscrit dans le sillage des quatre dernières résolutions du Conseil de sécurité, "conforte et confirme le continuum du processus des tables rondes avec ses modalités et avec ses quatre participants- le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le polisario - en tant que seul et unique cadre pour le règlement" de ce différend régional.

A cet égard, le Conseil de sécurité a rappelé, une fois de plus, que l'objectif final du processus politique est de parvenir à une solution politique, réaliste, pragmatique, durable, mutuellement acceptable et basée sur le compromis, a relevé le diplomate, qui a affirmé que l'Algérie "a un agenda politique qu'elle utilise comme exutoire à ses problèmes, alors que le Maroc "a une cause nationale sacrée qui soude un peuple et une Monarchie de cinq siècles".

Il a également souligné que face à l'«acharnement obsessionnel » de l'Algérie, le Royaume oppose la résilience, la sagesse et la retenue, ajoutant que l'Algérie "instrumentalise le principe de l'autodétermination à des fins politiques, en pensant qu'elle a le monopole de l'utilisation de ce principe pour faire tout ce qu'elle veut".

"L'Algérie a fait captation de ce principe et s'est substituée aux Nations unies", a-t-il relevé.

Il y a lieu de signaler que 13 pays ont voté pour la nouvelle résolution (USA, Grande-Bretagne, Chine, Allemagne, France, Kenya, Belgique, Indonésie, Niger, Vietnam, Estonie, République Dominicaine, Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

« Le vote favorable des Etats-Unis pour la nouvelle résolution est fort important, car cela confirme que l'Administration Biden confirme la décision de Trump reconnaissant la souveraineté du Maroc sur son Sahara », a affirmé Moussaoui Ajlaoui, expert associé à Ames-Center dans une déclaration à Libé. Et d'ajouter : « Le représentant des Etats-Unis d'Amérique à l'ONU a déclaré, dans le cadre de son explication du vote en faveur de la résolution, qu'il existe un soutien international à une solution politique au Sahara et que le projet d'autonomie présenté par le Maroc en 2007 est la seule solution politique à même de mettre fin à ce conflit. C'est-à-dire que le représentant des Etats-Unis reprend mot pour mot ce qui a été annoncé dans la déclaration de Trump en décembre 2020 ».

« La position chinoise est intéressante car c'est la deuxième fois que ce pays vote en faveur de la résolution du Conseil de sécurité concernant le Sahara marocain », a souligné Moussaoui Ajlaoui avant de préciser que « la Chine sait qu'il y a un grand rapprochement entre le Maroc et l'Amérique, et que la politique de Biden en Afrique est la même que celle de Trump, laquelle politique considère le Maroc comme une base de sa politique africaine. Pour cela, la Chine aspire à une présence principalement économique et industrielle au Maroc afin d'«asphyxier » l'Europe ».

Quant à la position de la France, le chercheur marocain a relevé que « malgré quelques tensions dans ses relations avec Rabat, Paris a voté en faveur du Maroc, comme elle l'a toujours fait ».

Deux pays se sont abstenus. Il s'agit de la Tunisie et de la Russie. « L'abstention de la Tunisie peut-être lue comme une position contre le Maroc, car il est inconcevable que le Kenya, qui reconnaît la fantasmagorique « Rasd », ait voté en faveur de la résolution, tandis que la Tunisie, qui ne la reconnaît pas, se soit abstenue. Cela peut être expliqué par des pressions financières et autres exercées par le régime algérien sur la Tunisie », a martelé Moussaoui Ajlaoui, spécialiste des questions africaines.

Quant à l'explication du vote russe, Moussaoui Ajlaoui a estimé que «le problème de la Russie n'est pas avec le Maroc, mais avec les Etats-Unis d'Amérique. Ainsi, la position russe doit être prise en considération par le Maroc. Car si la Russie avait voulu s'opposer à la décision, elle aurait utilisé son veto. Par ailleurs, pour Moscou, le dossier du Sahara n'est pas prioritaire et sa position dans ce dossier est toujours liée aux demandes du régime algérien, qui a d'importants contrats d'armement avec la Russie s'élevant à 4 milliards de dollars par an. C'est un montant important pour la Russie ». Moussaoui Ajlaoui Un cinglant revers pour l'Algérie et ses pantins du Polisario

«L'Algérie est en crise multidimensionnelle depuis 2019 (Hirak populaire, crise économique... ), et le régime politico-militaire essaie d'instrumentaliser la carte du Polisario afin de sauver sa tête», a mis en avant Moussaoui Ajlaoui avant de préciser que le régime politico-militaire algérien a échoué à imposer ses conditions à la communauté internationale, ce qui prouve que « ce régime est très faible aux niveaux interne et régional ». Il y a lieu de signaler que l'Algérie avait informé récemment et d'une manière officielle le Conseil de sécurité de l'ONU de son opposition au format des tables rondes concernant les négociations sur le règlement de la question du Sahara, sous pretexte que ce format est « désormais obsolète ».

«La résolution 2620 signifie que les Nations unies n'ont pris en compte aucune justification développée par le régime algérien. En d'autres termes, les Nations unies ont toujours la même vision concernant le processus politique au Sahara». Et d'ajouter :«Le problème maintenant est entre le régime algérien et les Nations unies mais également entre celles-ci et le Polisario après son retrait de l'accord du cessez-le-feu signé avec l'ONU en 1991. Je ne sais pas comment l'ONU et le nouvel envoyé au Sahara, Staffan de Mistura, vont procéder pour la résolution de ces problématiques».

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