Afrique: Conférence des Nations unies sur le climat (COP 26) - Complaintes africaines sur des conclusions décevantes

Tanya Steele, Joseph Itongwa, Espen Barth Eide et Jim Andrew lors de l'événement FACT à la COP26 le 6 novembre 2021 à la SEC, Glasgow.

Rideaux sur la 26e conférence des Nations unies sur le climat qui s'est tenue pendant 2 semaines à Glasgow en Ecosse. Pendant plus de 10 jours, les délégations de 196 pays se sont concertées sur comment réduire les gaz à effets de serre afin de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2° Celsius d'ici 2050.

A la fin de leurs travaux, il n'y a pas eu de miracle à Glasgow, pourrait-on dire. En effet, pas de grandes décisions, c'est-à-dire des engagements fermes sur des mesures concrètes impactant significativement les émissions des gaz à effets de serre.

Cela explique la mine déconfite du président de cette conférence, le parlementaire britannique Alok Sharma, à la clôture de la rencontre. « Il n'y a pas eu d'avancée majeure », a-t-il reconnu, pendant que le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a pointé du doigt, « un compromis plein de contradictions », parlant des conclusions de cette conférence.

Les COP se suivent et se ressemblent donc, suivant un scénario d'une tour de Babel où les délégations se parlent sans se comprendre et finissent par se séparer dans la confusion des déclarations contradictoires.

En tout cas après 26 COP, les grands pollueurs que sont les pays les plus industrialisés rechignent toujours non seulement à réduire leurs activités les plus polluantes mais également à supporter le coût des dégâts induits par le changement climatique. Ainsi, l'arrêt de l'exploitation des énergies fossiles, notamment le charbon, source d'une grande pollution, est loin d'être acquis, tout comme le respect de l'engagement pris à la COP 21 à Paris en 2016 de mobiliser 100 milliards de dollars US par an dès 2020 pour accompagner les pays vulnérables dans leur résilience au phénomène. Idem pour les financements du Mécanisme des pertes et préjudices dus au réchauffement de la planète.

L'Afrique, continent dont les pays sont les plus vulnérables au changement climatique, fait alors grise mine devant la faiblesse des engagements pris par la communauté internationale à la COP 26. Une déception africaine bien résumée par le ministre kenyan de l'Environnement dans son discours à la clôture de la COP26 : « Nous étions venus pour négocier un accord robuste sur les pertes et les préjudices subis. Nous voulions davantage de financements pour notre action climatique. Nous espérions du soutien pour nos situations et besoins particuliers. Nous avons supplié comme nous l'avons fait à la COP 22, à la COP23, à la COP 24, à la COP 25... Nous espérions être entendus, mais comme lors des rendez-vous précédents, notre plaidoyer a été rejeté ».

Complainte pathétique, symptomatique de l'impuissance des pays africains, qui émettent à peine 3% des gaz à effets de serre mais subissent de plein fouet les impacts désastreux du changement climatique. Sans une solidarité internationale, comment les pays à faibles revenus, particulièrement ceux d'Afrique, pourront-ils faire face aux effets conjugués de la sècheresse, de la désertification, de la montée du niveau des mers, des inondations, qui en ajoutent à leur vulnérabilité économique ? En tout cas, les pays riches sont partis de Glasgow avec une exhortation appuyée de la conférence à doubler les financements de leurs projets d'adaptation au changement climatique.

De là à dire que, face à ce péril mondial, la solidarité internationale envers les pays pauvres se fait désirer, car les intérêts singuliers des Etats, calqués sur les particularités hémisphériques de la planète ont le dessus, il n'y a qu'un pas à franchir. Village planétaire, où es-tu ?

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