Congo-Kinshasa: Finances publiques - Le projet de budget 2022 sous les feux de la critique

La présentation du projet de loi de finances pour l'exercice 2022, par le Premier ministre Sama Lukonde, le 15 novembre, devant la plénière de l'Assemblée nationale, a donné lieu à un débat houleux.

Pendant près de dix heures, les députés se sont relayés à la tribune pour émettre leurs critiques en rapport avec les articulations du projet de budget 2022. Celui-ci est présenté en équilibre, en recettes et en dépenses, à hauteur de 20 730,1 milliards de francs congolais (FC). Et par rapport au budget initial de l'exercice 2021 chiffré à 14 620,5 milliards de francs congolais, le budget en cours d'examen réalise un taux de croissance de 41,8%.

D'après Sama Lukonde, ce projet de budget 2022 est composé de 19 070,3 milliards de FC du budget général, de 409,9 milliards de FC des budgets annexes et 1 249,8 milliards de FC des comptes spéciaux. Pour lui, la hauteur du projet de budget 2022 traduit la volonté de son gouvernement de donner suite à ses engagements pris devant la représentation nationale, conformément à la vision du chef de l'État.

« Ces engagements, vous le savez, ne visent qu'une seule chose : l'amélioration du bien-être de la population, le chef de l'Etat ayant placé l'Homme au centre de son action. L'amélioration de ce vécu de la population ne sera possible que grâce à l'augmentation du niveau des recettes de l'Etat et à une meilleure maîtrise des dépenses », a-t-il déclaré. Et d'indiquer que son gouvernement fait preuve de réalisme budgétaire et l'orthodoxie dans la gestion des finances publiques afin de parvenir à une orientation nette des ressources vers les secteurs productifs, mais aussi et surtout, vers le social des Congolais.

Sur le volet électoral, il est à retenir qu'une réserve de 500 milliards de FC, destinée aux premières opérations électorales, a été constituée dans le cadre dudit projet de budget 2022, en plus de 200 milliards de FC pour celles du début des opérations de recensement et d'identification de la population. Ce qui, d'après le Premier ministre, « constitue un signal fort de notre gouvernement pour la poursuite de l'ancrage démocratique de notre pays et la normalisation de la vie citoyenne ».

Pour un rééquilibrage des ressources

Peu rassurés par le discours du Premier ministre, de nombreux intervenants ont stigmatisé certaines défaillances constatées dans ce projet de budget qui fait la part belle aux institutions en lieu et place des secteurs ayant réellement prise sur la vie sociale des Congolais. Là-dessus, certains députés ont donné de la voix en plaidant pour un rééquilibrage en termes d'affectation des ressources au profit de secteurs tels que la santé, l'éducation et autres.

Dans la foulée, d'autres intervenants ont plaidé pour la réduction du train de vie des institutions à hauteur de 30% et 50% afin que le reliquat ainsi dégagé soit réaffecté dans l'armée et l'éducation. A propos de l'armée, le député Jacques Djoli a déclaré avoir constaté un écart entre les intentions du gouvernement et les chiffres présentés. Il a dit ne pas comprendre pourquoi les dépenses ont augmenté dans d'autres secteurs alors que le secteur de la défense demeure le moins lotie dans le projet de budget 2022.

« Il y a explosion des dépenses dans les ministères dits de fonctionnement ou des services généraux dans le budget précédent. On nous parle de dépassement qui arrive à 219%. Dans le budget actuel, les services généraux de l'administration vont prendre 38,21 % de dépenses. Le ministère des Finances et celui du Budget qui préparent le budget se donnent 11%. À la défense, ils donnent 3,95% », a-t-il regretté, espérant que ce déséquilibre sera vite corrigé et que les fonds alloués à la défense seront doublés.

Après avoir écouté religieusement les députés, le Premier ministre Sama Lukonde est attendu le 18 novembre dans l'hémicycle pour répondre aux différentes préoccupations soulevées par les députés dans leurs différentes interventions.

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