Cote d'Ivoire: CDM / Eléphants - Une meilleure restructuration s'impose

19 Novembre 2021

Une nouvelle date à marquer à l'encre dans l'histoire footballistique de la Côte d'Ivoire. Le mardi 16 novembre 2021. Ce jour-là, au terme d'une bataille dans la nuit de Douala, les Eléphants sont sortis de la course à la qualification à la Coupe du monde Qatar 2022. Battus par les Lions Indomptables du Cameroun (1- 0).

Alors leader du groupe D avant cette confrontation, la sélection ivoirienne (13 points) reste à quai, au grand bonheur de son bourreau du jour, le Cameroun (15 points), qui s'approprie le seul ticket qualificatif pour les barrages en mars 2022. Une nouvelle déconvenue qui appelle à une restructuration en profondeur dans la perspective des échéances futures.

De l'importance d'un comité exécutif élu La gestion d'une fédération nationale est assimilable à une société, une entreprise, avec son personnel, des objectifs à atteindre, sous la conduite d'une équipe dirigeante guidée par une direction générale.

Sauf qu'ici, la société « Fédération ivoirienne de football (FIF) » n'a pas de directeur général confirmé. Elle est dirigée par un directeur général intérimaire aux pouvoirs limités, un directeur général, comme on le dirait au kiosque du quartier, qui « ne maîtrise pas le milieu ».

Sous normalisation depuis le 24 décembre 2020, la Fédération ivoirienne de football n'élabore aucune politique. Le Comité de normalisation, présidé par la sénatrice Mariam Dao Gabala, ne se contentant que du minimum. Sans véritablement pouvoir aller au-delà de ce que lui impose sa feuille de route. Depuis le début de cette phase qualificative, il a manqué à Patrice Beaumelle et à son équipe cette voix rassurante, cette voix stimulante, cette voix dopante, cette voix qui booste.

A chaque rendezvous, avant, pendant et après, le capitaine Serge Aurier et ses camarades n'ont pu bénéficier de cette affection parentale que seul un président élu, un comité exécutif légal et légitime, peut apporter. A Maputo, Johannesburg, Abidjan, Cotonou et Douala, l'équipe nationale a été abandonnée au seul Beaumelle.

Alors que lui aussi avait besoin de se sentir soutenu. Et ça, c'est du ressort du président du Comité exécutif. C'est le père de famille, celui-là qui peut prendre avec ses enfants, des engagements forts, des paris osés,... C'est lui qui maîtrise les réels enjeux et sait choisir les mots qu'il faut en fonction des situations et des objectifs visés.

Malheureusement, il a manqué à l'équipe ivoirienne. Je ne parlerai pas des discours vides au relent politique de certaines personnalités politiques. Cet autre échec montre ô combien il est important de doter la FIF de nouveaux organes dirigeants. Dans une cinquantaine de jours, les Eléphants seront à la CAN 2021 au Cameroun.

Et à cette compétition, la désillusion sera encore plus grande si les choses restent en l'état. Beaumelle, le parfait bouc-émissaire Des voix de plus en plus retentissantes réclament la tête du sélectionneur national. Patrice Beaumelle doit partir parce qu'il n'a pas le « niveau » des Eléphants, le « costume est trop grand », etc.

La défaite est malheureusement orpheline et le technicien français peut être tenu pour responsable de cette frustration. Il était en charge de la partie technique, sportive, de l'équipe ivoirienne. Mais il ne saurait constituer, à lui tout seul, celui sur qui il faut tout jeter. Beaumelle, depuis sa prise de fonction, a passé en revue près de 200 joueurs. Ces derniers mois, il a commencé à asseoir un groupe d'une trentaine de joueurs avec lequel il travaille de façon régulière.

Mais au-delà, il a permis à beaucoup de jeunes d'intégrer la sélection. On citera entre autres Odilon Kossonou, Sinaly Diomandé, Emmanuel Agbadou, Amad Diallo, Junior Hamed Traoré, Karim Konaté, Christian Kouamé,... Des jeunes qui sont de réelles promesses pour le football ivoirien. Il a réussi à amener dans le groupe des joueurs comme Johan Boli, Willy Boly, Hassane Kamara, Digbo Maïga, Gervinho, Junior Lago, Jean-Evrard Kouassi, Sébastien Haller, Wilfried Singo, Jérémie Boga, Fousseni Coulibaly, ...

Tout un ensemble qui était focus sur les objectifs, la qualification à la CAN 2021 et à la Coupe du monde 2022. Si le premier a été une réussite, le second, en revanche, laisse un goût d'inachevé. Ce n'est pas pour autant qu'il faut brûler le staff technique conduit par Beaumelle.

A moins de deux mois de la CAN au Cameroun, il serait plausible de s'inscrire dans la continuité et tirer les leçons au soir de la finale de la CAN 2021. Le successeur d'Ibrahim Kamara n'a pas tout fait tout bien, mais de là à appeler à son départ déjà de la sélection, c'est presqu'aussi se tirer une balle dans le pied. Qui ne se souvient pas de l'épisode du Mondial 2010 en Afrique du Sud.

Après une élimination de la Côte d'Ivoire en quarts de finale de la CAN 2010 en Angola, le sélectionneur Vahid Halilhodzic a été prié de faire ses bagages. Alors qu'il avait qualifié l'équipe pour la Coupe du monde, il est remplacé par un « top coach », Sven-Goran Erikson. Mais à l'arrivée, le résultat fut plus que catastrophique.

La Côte d'Ivoire ne doit pas rater la CAN au Cameroun et c'est maintenant que Beaumelle doit continuer à y travailler et corriger les approximations auxquelles on a assisté ces dernières semaines. Sinon, dans cette équipe, les responsabilités sont bien partagées. Du statut des joueurs La sélection nationale est la vitrine du football ivoirien.

A ce titre, elle doit être constituée des meilleurs joueurs du pays. Et aujourd'hui, il est bon d'établir des balises en ce qui concerne le statut des joueurs en équipe de Côte d'Ivoire. La sélection ne doit pas vivre au rythme des caprices de certains joueurs. Quand on a décidé de venir en sélection, c'est qu'on a accepté de faire les sacrifices que cela impose. Mais choisir ses matchs en équipe est vu comme un manque de respect au groupe, au sélectionneur et même au drapeau national.

Aujourd'hui, ne doivent être appelés que ceux qui le méritent et acceptent de venir librement. Pendant ces éliminatoires, on a vu des joueurs investis, prêts à tout donner pour la mère patrie. Des joueurs qui ont accepté de se soumettre au marathon imposé par la FIFA pour l'honneur du pays. Ils ont juste fait preuve de patriotisme.

Ce qui doit être le cas de tous ceux qui aspirent à porter la tunique orange. Aucun sacrifice n'est de trop quand il s'agit de défendre son pays, et cela doit être érigé en règle de conduite. Et que soient mis de côté ceux qui n'entendent pas marché dans cette voie. Aucun joueur n'est au-dessus de la sélection quelque soit son statut. Surtout quand on voit la bataille que livre Messi, Ronaldo, Benzema, Neymar, Gervinho,... pour avoir une place en sélection.

La Côte d'Ivoire ne sera pas au Qatar en 2022, après avoir raté le Mondial 2018 en Russie. Une nouvelle déconvenue qui appelle à une profonde réflexion autour du football ivoirien et à une meilleure restructuration. A commencer par l'organisation de l'élection du président de la Fédération attendue depuis 2020.

Mais tout cela ne sera possible que si les acteurs du football ivoirien le veulent bien. Ces derniers qui sacrifient leur vie pour la cause du football doivent s'unir, s'accepter et accepter de regarder dans la même direction pour sauver leur passion commune. Le nouvel échec de la sélection nationale est plus de leur fait. Juste pare qu'ils ont décidé de détruire ce qu'ils ont pourtant mis du temps, de leur énergie, de leur argent, à construire.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X