Sénégal: Raid à la Cité des travailleurs du port - Une vingtaine de maisons saccagées

23 Novembre 2021

C'est une véritable furie que des assaillants ont déversé sur les habitants de la cité du Port. Ces visiteurs ont saccagé une vingtaine de maisons et cassé des voitures. Les habitants réclament une brigade de gendarmerie pour leur sécurité. Le directeur général du Port a rendu visite aux victimes.

Les habitants de la cité des travailleurs du port de Diamniadio ont été surpris et choqués par la visite inopinée d'assaillants qui ont saccagé une vingtaine de maisons et détruit des voitures devant les maisons. Ces attaques, selon les témoignages des victimes, sont le fait de quelques habitants venus de Dougar qui réclament un droit ancestral sur le site. Après leur passage, les assaillants ont laissé derrière eux un spectacle de désolation. Plus d'une vingtaine de maisons ont été mises à sac par des assaillants qui ont menacé les occupants de mort. Ils leur ont intimé l'ordre de quitter les lieux, terres de leurs ancêtres.

L'intervention de la brigade de gendarmerie a permis de sauver la situation et de faire revenir un calme précaire car, dans leur repli, ils ont promis de revenir. D'ailleurs, une autre attaque a été déjouée par les hommes en bleu vers 03h du matin. Après le passage, des vitres cassées, des grilles défoncées et une voiture complétement caillaissée.

Selon une des victimes, c'est un groupe de gros bras qui ont pris d'assaut leurs logements pour, disent-ils, leur demander de quitter la zone. " Etant malade, j'étais à l'intérieur, n'eût été ma femme, je serais sorti et certainement me faire tuer par ces gens, qui étaient avec une vielle dame qui disait que ce sont les terres de nos ancêtres ", témoigne M. Seydou Mbow, propriétaire de la villa n°610, dont la voiture a fait les frais de la furie des assaillants et qui dit avoir été obligé de faire évacuer ses enfants vers les Hlm Rufisque. Selon M. Mbow, il y avait dans le groupe des personnes d'un âge assez avancé.

La famille Diagne a également reçu la visite des assaillants qui ont tout détruit sur leur passage laissant les enfants traumatisés par leur furie. Dans cette maison, les vitres de la maison ont été cassées, les grilles de protection arrachées, la télévision à l'intérieur également cassée, sous le regard paniqué des enfants. Selon Mme Diagne, ces derniers ont crié pour implorer le pardon des envahisseurs. Mais en vain, ils ont reçu plutôt des menaces de mort.

" On reviendra vous tuer, vous n'allez pas habiter ici, sortez de notre site, vous n'aurez jamais la paix ici ", ce sont les propos qu'ils ont lancés, selon Mme Diagne.

Jean Baptiste Bona est l'un des premiers à occuper son logement dans la phase 2, il a vécu les évènements et témoigne de leur violence.

"Depuis que j'ai habité ici, il y a eu déjà quatre attaques. Mais celle d'hier était la plus violente. D'habitude, les attaques se limitaient à la phase 3 encore en chantier et où la maison de Mme Touré a été incendiée. On ne peut pas continuer de vivre dans cette atmosphère... Il nous faut une brigade de gendarmerie pour assurer notre sécurité ".

Ces attaques semblent être le prolongement du conflit foncier qui a opposé les populations de Dougar et la société Peacok qui a vendu les maisons à la coopérative des travailleurs du Port. Les populations continuent de contester la légalité des procédures d'acquisition de terrains qui s'inscrivaient dans le cadre du programme : " une famille un toit ", lancé par le régime de l'ancien président en 2009.

Elles arguent que les terrains attribués par décret à la société se trouvaient à Diamniadio et depuis, elles n'ont cessé de s'opposer au projet malgré que le tribunal a pris une décision favorable à Peacok. Et, selon Djibril Diop, responsable du service administratif de la société immobilière Peacok, tout est conforme et toutes les procédures pour l'acquisition du foncier ont été respectées. Mais les populations persistent dans leur opposition et mènent des actes de sabotage. Chaque fois, les promoteurs ont été obligés de recourir au service de la gendarmerie pour protéger les chantiers.

Sur le site pour apporter son soutien aux travailleurs de la société du Port autonome de Dakar, le directeur général a lancé un appel aux populations de Dougar pour les sensibiliser et les inviter à " savoir raison garder ". Aboubacar Sadikh Bèye promet d'aller à leur rencontre, en compagnie la société Peacok. Le directeur général du Port a promis également d'accompagner les victimes dans la prise en charge des dommages avant de souscrire à l'idée de l'installation d'une brigade de gendarmerie et la sécurisation d'un programme qui a coûté plus de 10 milliards de francs.

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