Afrique: Comment vaincre la pandémie ? Collaborez équitablement et dès maintenant !

Il est maintenant temps de soutenir les efforts clairvoyants de nombreux pays membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) alors qu'ils travaillent à un accord international juridiquement contraignant pour préparer de meilleures réponses aux flambées de maladies, aux épidémies et aux pandémies. Pour examiner les mérites d'un nouvel accord pour la préparation et la riposte à une pandémie, ces pays ont appelé à une session extraordinaire de l'Assemblée mondiale de la santé, à partir du 29 novembre. Le directeur général de l'OMS a souligné que l'accord devrait énoncer des principes de haut niveau pour renforcer la solidarité, l'équité, une seule santé et la santé pour tous.
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Près de deux ans depuis le début de la pandémie de COVID-19, c'est toujours l'enfer. Plusieurs pays sont en train de subir une cinquième vague de forte transmission. D'autres pays enregistrent leur plus grand nombre de cas quotidiens depuis le début de la pandémie. Les pays à revenu faible ou intermédiaire – où les taux de vaccination sont souvent très faibles – enregistrent un nombre considérable de décès.

Les tendances sont observées tant dans les pays disposant de suffisamment de doses de vaccin que dans ceux où les approvisionnements sont très faibles. Parmi ces derniers, beaucoup sont des pays africains, où plus de 97 % de la population n'a toujours pas été vaccinée. Ces pays ne peuvent pas obtenir les vaccins dont ils ont besoin car les engagements pris par les fabricants en matière d'approvisionnement ne se concrétisent pas tel qu'escompté. Ils peuvent faire parvenir les vaccins à leur population, mais n'ont tout simplement pas suffisamment de doses pour répondre aux besoins.

Comment le monde en est-il arrivé là ?

Manque de préparation. Investissements insuffisants. Manque de collaboration. Enseignements insuffisants.

De manière générale, les flambées épidémiques se déclenchent sans aucun signe avant-coureur. La préparation dans les pays est primordiale pour mettre en place des ripostes rapides. Celles-ci doivent être appuyées par une collaboration mondiale solide, capable de fonctionner même s'il existe des tensions intergouvernementales. Les systèmes de santé doivent être en mesure de détecter les agents pathogènes émergents et d'apporter une riposte rapide et solide là où elle est nécessaire afin d'empêcher la propagation des virus à l'intérieur des pays et au-delà des frontières nationales.

Les ripostes fonctionnent mieux si elles reposent sur la collaboration, la coordination et la solidarité : tous ces éléments sont essentiels pour relever les défis mondiaux. Le Dispositif pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT) montre ce qu'il est possible de réaliser si les professionnels de différentes nations sont dotés de moyens et soutenus pour agir ensemble afin de développer et de partager des vaccins, des traitements et des outils de diagnostic.

Par conséquent, quels sont les éléments qui empêchent les autorités des pays à revenu faible ou intermédiaire d'atteindre la cible consistant à vacciner entièrement 40 % de leur population d'ici à la fin 2021 ? - et celle fixée à 70 % d'ici à la mi-2022 ? Les pays à revenu élevé vont de l'avant en proposant des doses de rappel à leur population et en veillant à disposer de stocks suffisants de vaccins en réserve. Ils font également des dons aux pays qui en ont besoin , mais les engagements sont généralement trop aléatoires pour apporter un soutien cohérent et prévisible aux pays qui en en besoin. En outre, la collaboration entre les nations est irrégulière et non durable. Lorsque des résurgences sont observées, la qualité et la prévisibilité de la riposte sont entravées par des soupçons et la concurrence.

Les mesures de riposte appliquées jusqu'à présent ne sont pas optimales et des millions de personnes ressentent une détresse et une douleur. Dans tous les pays, les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus lourdement touchées par les souffrances liées à la COVID-19.

Nous constatons combien il est impératif de tirer des enseignements des événements de ces deux dernières années et, dans les mois et les années à venir, de mettre en œuvre des mesures fondées sur des bases factuelles et équitables, partout  où elles sont nécessaires et au moment approprié .

Envoyés spéciaux du Directeur général de l'OMS sur le COVID-19 (de gauche à droite) : le professeur Dr Maha El Rabbat, ancien ministre de la Santé et de la Population d'Égypte ; Dr David Nabarro, ancien Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies sur le Programme 2030 pour le développement durable et le changement climatique ; Dr John Nkengasong, directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies ; Dr Mirta Roses Periago, ancienne directrice de la Région OMS des Amériques ; Dr Palitha Abeykoon, ancienne directrice, Développement des systèmes de santé, Bureau régional de l'OMS pour l'Asie du Sud-Est, conseillère principale au ministère de la Santé du Sri Lanka ; Professeur Samba Sow, Directeur général du Centre de développement des vaccins au Mali, ancien ministre de la Santé du Mali.

Le moment est venu de soutenir les efforts visionnaires de nombreuses nations membres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui œuvrent à l'élaboration d'un accord international juridiquement contraignant visant à mieux préparer la riposte aux flambées, aux épidémies et aux pandémies. Afin d'examiner les avantages que présente un nouvel accord sur la préparation et la riposte aux pandémies, ces nations ont préconisé la tenue d'une session extraordinaire de l'Assemblée mondiale de la Santé, qui débutera le 29 novembre. Le Directeur général de l'OMS a souligné que l'accord devrait définir des principes de haut niveau en vue de renforcer la solidarité, l'équité, l'approche « Une seule santé » et la santé pour tous.

Une telle étape revêt une importance vitale. En effet, la pandémie fait rage dans de nombreux pays et nécessite une attention concertée de la part des décideurs. C'est MAINTENANT qu'il faut frapper fort pour empêcher qu'une telle tragédie mondiale évitable ne se reproduise. Les pays et les dirigeants sont de plus en plus nombreux à soutenir qu'un accord juridiquement contraignant est essentiel, le plus rapidement possible. Nous, Envoyés spéciaux de l'OMS pour la COVID-19, invitons les dirigeants à agir de concert, à la lumière des souffrances provoquées par cette pandémie, pour empêcher que celle-ci ne se reproduise avant un relâchement de l'attention politique.

Cet accord international attendu doit être fondé sur des principes. Il doit être fondé sur la nécessité pour les populations d'avoir un accès équitable à ce dont elles ont besoin pour leur santé, pour la viabilité de leurs économies et pour la réalisation de leurs droits humains.

Par ailleurs, un accord universellement contraignant énonçant une approche résolument convenue de l'utilisation et de la distribution équitables de nos ressources constitue non seulement une solution moralement adéquate, mais aussi la bonne démarche à suivre en matière de santé publique.

En tant qu'Envoyés spéciaux de l'OMS, nous appelons les dirigeants nationaux et l'OMS à faire en sorte que l'accord se concrétise et à y parvenir efficacement, rapidement et sur une base financière solide et durable. Il s'agit d'une occasion unique qui ne se présente qu'une fois par génération de protéger le monde contre la prochaine flambée de maladie infectieuse et d'aller de l'avant en se dotant de meilleurs mécanismes pour protéger toutes les générations futures.

Signé :

Liste des Envoyés spéciaux du Directeur général de l'OMS pour la COVID-19 :

  • Professeure Dre Maha El Rabbat, ancienne Ministre de la santé et de la population de l'Égypte
  • Dr David Nabarro, ancien Conseiller spécial du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies pour le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et le Changement climatique
  • Dr John Nkengasong, Directeur des African Centres for Disease Control and Prevention
  • Dre Mirta Roses, ancienne Directrice de la Région OMS des Amériques
  • Dr Palitha Abeykoon, ancien Directeur, Développement des systèmes de santé, Bureau régional OMS de l'Asie du Sud-Est, Conseiller principal au Ministère de la Santé du Sri Lanka.
  • Professeur Samba Sow, Directeur général du Centre de développement des vaccins au Mali

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