Sénégal: Entre l'excès de zèle du ministre de l'Intérieur et la dictature rampante du Président Marc KABORE

Quelle mouche aurait piqué le ministre burkinabé de l'Intérieur et le maire de Ouagadougou, Armand Benewendé ? Comme si ça ne suffisait pas avec le souffre-douleur d'une armée sous-équipée et abandonnée à son triste sort, l'État burkinabé vient de couper le réseau internet sur l'étendue du territoire national pour une durée de 96 heures.

Les usagers d'internet avaient été privés il y'a deux jours de connexions haut débit durant les dernières 48 heures. Cette décision avait poussé les associations consuméristes et les mouvements citoyens burkinabé à afficher leur désapprobation vis-à-vis de l'Autorité des Télécommunications.

Aucun motif n'a été invoqué jusqu'ici par le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Dr Ousseini TAMBOURA. Mais, le plus hallucinant, est que le maire de Ouagadougou, selon des informations obtenues par Confidentiel Afrique, a instruit le commandant du Groupement de la gendarmerie départemental de Ouagadougou, le directeur général de la Police nationale et celui de la Police municipale de Ouagadougou "à prendre toutes les dispositions utiles pour qu'aucune manifestation illégale ne puisse se dérouler sur le territoire communal ". Cette position du maire est la goutte de trop pour envenimer les rapports heurtés entre les populations et le gouvernement. Un climat délétère s'était emparé du pays, suite à l'état de délitement de l'armée très avancé et aux tueries sanglantes d'Inata, qui ont fait 61 morts dans les rangs de l'armée. Les familles des victimes se sont insurgées contre les conditions inhumaines des soldats au front.

Plusieurs voix se sont élevées contre ces coupures d'internet et l'interdiction de la marche à Ouagadougou et voient cette décision de l'État burkinabè comme une volonté manifeste de "musellement du peuple qui risque de produire des effets corrosifs, alors que les urgences de l'État sont rangées aux oubliettes"

Selon le mouvement Balai Citoyen, cette méthode n'est rien d'autre qu'une "dictature rampante" qui ne dit pas son nom et ne fait que traduire davantage l'incapacité du gouvernement à gérer ce pays". Depuis quelques semaines, le Président Marc KABORE semble étaler ses limites et s'éloigner des vraies attentes de son peuple qui avait placé beaucoup d'espoir en son deuxième quinquennat. Urbi orbi, tout porte à croire, qu'avec la disparition du défunt Salif DIALLO, l'éminence grise et sécurocrate du système KABORÉ et l'éviction surprenante de Simon Compaoré du dispositif stratégique sécuritaire, le locataire du palais Kosyam a perdu décidément le nord et vogue sur un écran de fumée qui risque de lui être fatal. À l'évidence, le Président Roch Christian Marc KABORE n'a que deux temps: celui de se ressaisir ou d'être emporté par la vague de contestation populaire. Comme ce fut le 30 octobre 2014, qui avait chassé du pouvoir son prédécesseur Blaise COMPAORE.

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