Afrique: Forêts - Le bois congolais toujours éligible au marché européen

Les autorités de l'Union européenne (UE) ont levé le doute sur la licence Flegt, après plusieurs mois d'atermoiement. Elles continueront de délivrer les licences d'exportation du bois à la République du Congo. Les deux parties viennent, d'ailleurs, de redynamiser leur cadre de partenariat.

La 14e session du Comité conjoint de mise en œuvre de l'Accord de partenariat volontaire pour l'application des règlementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (APV-Flegt) s'est tenue les 24 et 25 novembre, à Brazzaville. La rencontre a permis au Congo et à son partenaire européen d'évaluer les avancées, de corriger les défaillances et d'envisager de nouvelles pistes de partenariat.

L'accord commercial, signé depuis 2010, vise à garantir la légalité des bois et de ses produits dérivés ; l'objectif étant de permettre aux autorités congolaises de délivrer des autorisations Flegt pour les bois exportés vers le marché européen. Cet APV-Flegt s'inscrit dans la dynamique d'une exploitation forestière durable fondée sur le respect de l'environnement et les droits humains.

L'UE veut être un modèle en matière de développement durable et de lutte contre la déforestation, a indiqué Carla Montesi, la directrice du "Pacte vert et agenda numérique" de la Commission européenne. L'engagement est clair, a-t- elle poursuivi, et les Européens ne veulent pas acheter des produits ayant contribué à la déforestation.

" Les licences Flegt ne seront pas supprimées mais, les conditions de délivrance vont être renforcées. Nous souhaitons travailler avec le Congo sur un nouveau partenariat forestier reposant sur quatre composantes que sont la gouvernance forestière ; l'économie forestière durable ; l'agriculture à zéro déforestation ; et la préservation de la biodiversité ", a précisé Carla Montesi, ajoutant que la licence Flegt sera élargie à d'autres produits agricoles tels que l'huile de palme, le café, le cacao, le soja et le blé.

Les autorités congolaises misent sur les progrès réalisés ces dernières années pour faire avancer les discussions avec l'UE. Il s'agit des avancées en matière du renforcement des capacités des responsables locaux, de la transparence et la publication des informations, de l'amélioration de la gouvernance forestière, du niveau d'appropriation par le groupe de travail multi acteurs et l'adoption des textes d'application du nouveau Code forestier.

En dépit des difficultés observées dans la mise en service du module fiscalité prévue initialement en septembre 2021 et l'actualisation de la feuille de route du groupe de travail interministériel, a souligné la ministre de l'Économie forestière, Rosalie Matondo, le Congo a consenti d'énormes efforts. " En plus, la performance du Système informatisé de vérification de la légalité (SIVL) a été renforcée par des missions d'investigations dans certains départements du sud du pays ainsi que dans le cadre du Programme d'accompagnement au changement organisationnel entrepris grâce au soutien des partenaires britanniques ", a-t- elle martelé.

Avec un taux de déforestation de 0,06%, le Congo est considéré comme un bon élève en matière de gestion forestière. Mais le principal défi à ce stade, estime Giacomo Durazzo, l'ambassadeur de l'UE au Congo, demeure le plein déploiement du SIVL. " Cet outil est fondamental pour assurer la transparence escomptée dans le secteur et contribuer à une meilleure gouvernance forestière ", a-t-il insisté, avant d'exhorter la partie congolaise à poursuivre le chantier pour parvenir à une utilisation effective du système.

Le prochain comité conjoint de mise en œuvre de l'APV-Flegt est prévu pour juin 2022.

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