Congo-Kinshasa: Administration de la justice - La société civile saisit le président de la République

Dans une correspondance adressée au chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, avec copies au Premier ministre, au ministre de la Justice et à certaines autres institutions de la République ainsi qu'à l'Union africaine et des ambassades accréditées à Kinshasa, un collectif d'organisations non gouvernementales (ONG), avec, à sa tête la Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP), lui a fait part des problèmes dans l'administration de la justice dans le pays.

S'appuyant sur son point de presse tenu le 3 novembre sur la question de l'administration de la justice dans le pays, principalement la condamnation à caractère injuste de certaines personnalités, le collectif d'ONG a relevé la mauvaise gestion de certains dossiers judiciaires. " Ce point de presse avait principalement pour vocation d'expliquer le contour du dossier qui a entraîné la condamnation à caractère injuste dans plusieurs dossiers judiciaires ", a expliqué cette synergie.

Parmi les dossiers relevés, ces organisations ont cité le cas de l'ancien ministre provincial de Kinshasa en charge des Finances, Guy Matondo; du directeur de la police judiciaire/ville-province de Kinshasa, Jean-Pierre Masudi; du directeur général par intérim du Bureau central de coordination, Théophile Matondo, etc. Il a rappelé au chef de l'Etat congolais que " la justice équitable dans une nation est synonyme de paix et de développement durable ".

Ce collectif dit s'aligner sur le constat fait par Félix-Antoine Tshisekedi sur l'administration de la justice dans le pays et conclut sur la non-satisfaction du travail des magistrats. Il sollicite, par ailleurs, l'implication du président de la République dans certains dossiers judiciaires qui violent le principe d'un procès juste et équitable, favorable à un Etat de droit.

La politique de deux poids, deux mesures

Dans ce point de presse, en effet, ce regroupement d'organisations de la société civile actives dans le domaine des droits humains, qui en avait vivement appelé pour une justice distributive qui respecte les normes en la matière dans le pays, avait fustigé la politique de deux poids, deux mesures dans l'administration de la justice en République démocratique du Congo (RDC).

La FBCP et les ONG partenaires dans cette action ont dénoncé le manque d'équité et de respect des normes dans l'administration de la justice. Elles ont cité les noms de Guy Matondo, condamné à sept ans de prison; Jean-Pierre Masudi, condamné, lui aussi, à sept ans de prison; ainsi que Théophile Matondo Mbungu, condamné à dix ans de prison ferme par la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe, " alors que les éléments recueillis pendant l'instruction de cette affaire présageaient une décision contraire ".

Dans leurs observations, ces ONG avaient indiqué, par le biais du président de la FBCP, Emmanuel Adu Cole, au cours de ce point de presse: " Nous, les défenseurs des droits de l'homme, nous luttons pour une justice distributive. Mais, nous constatons, dans ce qui est fait, que la balance est penchée, il n'y a pas d'équité ".

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