Afrique: Le diabète pourrait toucher 55 millions de gens en Afrique d'ici 2045

Appareil mesurant le taux de glycémie..
30 Novembre 2021

Lagos — Le nombre d'Africains atteints de diabète pourrait plus que doubler au cours des 25 prochaines années, prévient la Fédération internationale du diabète (FID), tandis que les patients atteints de COVID-19 sont confrontés à des risques plus importants, selon un rapport séparé.

Les cas de diabète dans la région pourraient augmenter de 134%, passant de 24 millions en 2021 à 55 millions d'ici 2045, selon le dernier Atlas du diabète de la FID, qui indique que 537 millions d'adultes vivent maintenant avec cette maladie dans le monde.

Le faible accès aux vaccins contre la COVID-19 augmente les taux de mortalité due aux infections à la COVID-19 chez les patients diabétiques en Afrique, ajoute une analyse préliminaire de l'OMS.

L'OMS a évalué les données de 13 pays du continent (Burkina Faso, Tchad, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Eswatini, Guinée, Namibie, Niger, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles et Ouganda) sur les personnes atteintes de diabète et qui ont également été testées positives à la COVID-19.

Les résultats qui ont été publiés lors d'une conférence de presse virtuelle de l'OMS le 11 novembre en prélude à la journée mondiale du diabète le 14 novembre montrent que le taux de mortalité due à la COVID-19 en Afrique est de 10,2% chez les diabétiques contre seulement 2,5 % pour l'ensemble des patients.

" De toutes les indications, la COVID-19 donne un message clair. La lutte contre l'épidémie de diabète en Afrique est à bien des égards aussi cruciale que la lutte contre la pandémie actuelle ", déclare Benido Impouma, directeur des maladies transmissibles et non transmissibles au bureau régional de l'OMS pour l'Afrique.Ce dernier ajoute que les personnes atteintes de diabète à travers le monde entier ont été prioritaires pour recevoir des soins pendant la pandémie de la COVID-19, mais l'Afrique a eu des difficultés dans la mise en œuvre de cette stratégie.

Benido Impouma déclare que l'accès aux soins du diabète avait été gravement perturbé dans la région africaine de l'OMS, ajoutant que les restrictions mises en œuvre pour limiter la propagation de la COVID-19 ont entravé l'accès aux soins de santé et la gestion de base de la maladie, y compris le contrôle de routine de la glycémie et une alimentation saine.

L'intéressé fait savoir que bien que le vaccin anti-COVID-19 soit une bouée de sauvetage pour les personnes atteintes d'autres maladies telles que le diabète, l'accès aux vaccins reste médiocre en Afrique.

Vaccination

Neuf mois après le début des campagnes de vaccination contre la COVID-19 en Afrique, seulement 6,6 % de la population africaine est entièrement vaccinée, contre environ 40 % dans le monde.

" Nous sommes encore loin de l'endroit où nous devons être pour protéger les plus vulnérables d'entre nous ", explique-t-il.

" Il est urgent d'intensifier la vaccination et d'autres services clés pour les personnes à haut risque, y compris celles atteintes de diabète. Nous pouvons également empêcher le diabète de faire plus de victimes en faisant la promotion d'une alimentation saine et abordable et d'une activité physique régulière ".

Greg Tracz, directeur général de Diabetes Africa, confie à SciDev.Net que : " Nous pouvons réduire l'impact de la COVID-19 en Afrique si nous commençons par prévenir et traiter le diabète. Des innovations existent, [et] des champions existent à travers le continent. Nous devons partager l'information et mieux communiquer ".Eva Njenga, présidente du Kenya Diabetes Management and Information Centre indique pour s part que plus de 40 % des personnes décédées du COVID-19 souffrent d'autres maladies, dont le diabète au Kenya ; ce qui a conduit le gouvernement à donner la priorité de la vaccination contre la COVID-19 à ces personnes.

Maïmouna Ndour Mbaye, directrice du Centre national de lutte contre le diabète Marc Sankalé au Sénégal, souligne quant à elle qu'un nombre important d'Africains atteints de diabète ne peuvent plus contrôler leur état en raison du coût élevé des médicaments et des dispositifs de surveillance.

Aussi exhorte-t-elle les dirigeants africains à subventionner les médicaments pour contrôler le diabète ; ajoutant que le gouvernement du Sénégal a subventionné l'insuline pour permettre à davantage de personnes d'avoir accès aux médicaments qui sauvent des vies.

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