Cameroun: Plateforme multimodale - Le site de recasement à l'abandon

Chauffeurs et voyageurs ont quitté l'espace aménagé à Olembé, pour regagner les abords du tronçon Messassi-Nkozoa depuis quelques mois.

Pas l'ombre d'un véhicule, encore moins d'un voyageur à la gare routière d'Olembé à Yaoundé ce 29 novembre 2021. Revêtu de poussière, l'espace de 3000 m2, jadis réservé aux compagnies de voyages à destination d'Obala, Bafia, Ebebda, Sa'a et Batchenga sert à présent de terrain de jeux à des enfants. Guichets fermés, toilettes vandalisées, la gare routière d'Olembé n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Les locataires du poste de police, situé à l'arrière des guichets, semblent eux aussi avoir quitté les lieux. Le matériel de bureau a été remplacé ici par des déchets de tout ordre. En l'absence des bénéficiaires, une partie de cette gare a été est convertie en garage. Apprentis et professionnels sont affairés matin et soir à dépanner des véhicules. " Est-ce qu'il y a encore une gare routière à Olembé ? C'est quand un véhicule tombe en panne en route ou dans les environs, qu'on vient dépanner ça ici derrière ", confie un mécanicien.

Le site de recasement de ce qui tenait lieu de gare routière à la Mobil Emana n'est plus au goût des bénéficiaires. Quelques mois seulement après son inauguration par le secrétaire général des services du gouverneur de la région du Centre, Simon Ghislain Etsil, la gare d'Olembé ne tourne plus. Nombreux préfèrent " charger " en bordure de route. " Nous sommes près de 100 chauffeurs à avoir été recasés sur ce site.

Pourtant, cette gare ne peut même pas accueillir 30 véhicules. Or, en étant stationné le long de la route, chacun de nous trouve son compte en l'espace de quelques minutes ", déclare Ngono J., chauffeur. D'autres par contre, rejettent la faute sur les passagers. " Ce sont les clients qui refusent de descendre à la gare. En journée, ceux qui transportent les bagages se plaignent de la distance. Et dans la nuit, d'autres disent avoir peur des agressions. Étant donné que le couloir qui mène à la gare ne possède pas de lampadaires, beaucoup préfèrent stopper les cars en bordure de route ", explique Ewonè A., chauffeur. Résultat, la gare routière moisit tandis que les agences de voyages envahissent les abords du tronçon Messassi-Nkozoa.

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