Burkina Faso: Une première au pays - Un village contrôlé par un groupe jihadiste

Burkina Faso military.
30 Novembre 2021

Le village de Nadiagou, dans le sud du Burkina Faso, a ête pris par un groupe armé. Il s'est vidé de la plupart de ses habitants. La DW a joint l'un d'eux, qui a fui. Son témoignage.

Dans le centre du Burkina Faso, la commune de Nadiagou, près de la frontière du Togo et du Bénin, est contrôlée depuis plusieurs jours par un groupe armé. Une information confirmée par une source sécuritaire dans un pays voisin de la région.

Selon d'autres sources, l'attaque aurait été conduite par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, un groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda en Afrique du Nord et de l'Ouest.

Ses membres se seraient infiltrés et auraient attaqué ce village.

Les djihadistes auraient pour cela revêtu des uniformes de la police et des douanes. Tout a commencé la semaine dernière, quand des hommes armés ont incendié des postes de police et des douanes.

Nous avons pu joindre un habitant de Nadiagou qui a fui la localité. Ecoutez son témoignage :

Les jeunes sont partis. Tout le monde a fui. Ceux qui savent lire et écrire, ceux qui travaillent... Hormis les femmes, les enfants et les vieux, tout le monde a fui le coin. Actuellement, même les églises de Nadiagou ont fermé. Tous les hommes ont fui.

DW : Les hommes armés sont-ils toujours sur place ?

Oui, ils contrôlent la localité. Actuellement, si tu te promènes, tu vas les voir. Pour sortir, il faut passer par le Togo.

DW : Est-ce que vous comprenez qu'on passe cette information sous silence, qu'on n'en parle pas davantage ?

La connexion était coupée chez nous. Les informations ont été données à quelques kilomètres, à Pama, le chef-lieu. Mais actuellement, là-bas, plus personne ne sait lire et donner les informations actuelles.

DW : Savez-vous qui sont ces hommes armés ?

Non, on ne sait pas. Quand ils viennent, ils tirent au hasard.

DW : Que disent les autorités locales ?

Les autorités ne sont pas venues nous secourir. Elles sont venues tirer, tirer, mais elles ne nous ont pas porté secours.

DW : Y a-t-il eu une réaction de Ouagadougou ?

Il y a eu un détachement [de l'armée] à Pama, mais pas de réaction des autorités.

DW : Et vous, qu'espérez-vous actuellement ?

On veut qu'il y ait une intervention pour que nos parents là-bas puissent récolter ce qu'ils ont cultivé.

DW : Ces hommes armés, ont-ils dit ce qu'ils veulent ?

Non, ils ne le disent pas trop. Ils disent aux gens de prier.

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