Libye: Va-t-on écouter enfin la voix des Africains eux-mêmes ?

2 Décembre 2021

Rfi c'est fait écho le 2 décembre 2021 de l'intervention la veille de l'ambassadeur du Niger à l'Onu et président du Conseil de sécurité de l'Onu, Abdou Abarry, qui est allé à contre-courant dudit Conseil " estimant que la Libye n'était pas prête pour tenir des élections dans des conditions optimales ".

" Si la volonté de la communauté internationale, c'est encourager et de dire que, coûte que coûte, il faut aller à des élections quelles que soient leurs qualités, à cela en tant que Niger, je peux vous dire que les conditions d'élections libres, crédibles, démocratiques, consensuelles, qui vont être un maillon important pour le retour de la paix, de la stabilité en Libye, ne sont pas, pour le moment, réunies ", a-t-il déclaré ", a déclaré Abdou Abarry cité par Rfi.

Le diplomate nigérien est allé plus loin pour expliquer que " Les combattants étrangers sont toujours en Libye ". Il a également ajouté : " Il n'y a pas véritablement une réunification en termes des forces en présence. Donc, cela est un point de vue, pas du Conseil de sécurité, mais c'est une analyse que nous faisons : la situation n'est pas assez mature, assez mûre pour permettre ce type d'élections qui peuvent mener à une stabilité pérenne et à une sécurité en Libye ", argumente-t-il.

Cette invite de la communauté internationale à prendre en compte le point de vue des pays limitrophes rappelle les appels des Africains ignorés au moment du déclenchement des affrontements armés qui ont conduit à la chute du régime de Kadhafi et de la déstabilisation du pays en 2011.

L'on se souvient qu'en septembre 2011, le Conseil de sécurité s'était empressé de tourner la page Kadhafi en apportant son soutien au Conseil national de transition (Cnt). Le 8 septembre 2011, France 24 faisait état de ce que " le Conseil de sécurité doit discuter d'une mission de l'Onu de trois mois en Libye pour aider le nouveau pouvoir à réformer la police et la justice et à préparer les élections dans un pays ravagé par plus de six mois de conflit armé ".

Les inquiétudes du diplomate nigérien - dont le pays est de loin l'un des proches de question libyenne - sont d'autant plus pertinentes que le récent rejet de la candidature de Seif-Al-Islam Kadhafi aux joutes électorales annoncées en rajoute aux risques de renforcement de la fracture sociale.

Surtout qu'un reportage paru sur TV5MONDE et France 24 a présenté la nostalgie que suscite l'ancien guide de la Jamahiriya libyenne auprès chez les populations de Bani Walid à 170 Km au sud de Tripoli, où l'ancien drapeau du pays continue de flotter.

Dans le reportage, les personnes interviewées ne cachent pas leur volonté de rester fidèles au pacte que la cité a signé avec Kadhafi et les siens. L'instabilité qui règne depuis la chute de l'ancien Raïs les conforte dans leur volonté d'apporter leur appui au fils Kadhafi.

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