Cote d'Ivoire: Africa Sports d'Abidjan - Kuyo Téa Narcisse et le défi de la stabilité du club vert et rouge

3 Décembre 2021

Le diagnostic est fait. L'Africa Sports d'Abidjan souffre de son statut juridique. L'Africa Sports d'Abidjan vit dans un environnement fait d'instabilité où tout le monde peut tout remettre en cause à tout moment.

Et dans ce cas, il est difficile de construire durablement. Une situation qui, depuis 1977 avec le premier coup de force de Simplice Zinsou, a contraint le club à vivoter. Avec pour point culminant, la descente en Ligue 2 au terme de la saison 2020-2021, après 74 années de présence dans l'élite.

Elu président de l'Association Africa pour les quatre prochaines années, Kuyo Téa Narcisse doit maintenant administrer la thérapie adéquate. "L'Africa est malade. C'est pour ça que je suis là", a-t-il clamé, dimanche 28 novembre 2021, lors de son élection, au Palm Club à CocodyAbidjan. "Premièrement, au plan juridique, la situation de l'Africa n'est pas claire, a-t-il soutenu.

Il faut qu'on sache qui est membre de l'Africa. Deuxièmement, il faut pacifier l'environnement à l'Africa. Aujourd'hui, nous avons parlé de transition, d'autres parlent d'élection. Troisièmement, notre équipe : il faut assumer à l'Africa notre statut de club omnisports". La patate chaude de la normalisation Mais une chose est de connaître le mal dont souffre le malade, son origine mais une autre est de pouvoir disposer du bon médicament pour le traitement.

En décidant de conduire la mission de sauvetage, Yves Zogbo Junior et son équipe étaient guidés par leur amour pour l'Africa Sports d'Abidjan. Aussi étaient-ils soucieux du respect des délais pour un retour rapide à une gouvernance légale. Mais à l'arrivée, on se rend compte que beaucoup reste à faire. Le comité de normalisation a agi dans la précipitation comme s'il veut se débarrasser d'un costume indésirable.

Le statut juridique du club, la position des supporters, le rapport entre les autres sections du club et la section football dont le président fait office de président central,... étaient les points sur lesquels la normalisation devrait statuer. Yves Zogbo et les membres de la normalisation devraient définir clairement le collège électoral qui devrait être prescrit dans les textes du club.

Il leur suffisait de mener les consultations, inviter tous les supporters qui se réclameraient de l'Africa à venir s'approprier leurs cartes de membres et devenir par la même occasion des électeurs. Ce qui aurait pu permettre de définir un collège électoral sans conteste. Koné Cheick Oumar n'a véritablement tort. Il suffisait à la normalisation, après les amendements et recommandations de l'AG du 14 novembre, de convoquer une nouvelle assemblée générale d'adoption définitive des textes.

Alors que la normalisation avait la latitude de régler, pour une fois, le statut du président de la section football avec celui des autres sections du club. Mais que non ! Aujourd'hui, on assiste à une affaire où on demande à "l'aveugle de montrer la voie à suivre au borgne". Alors qu'il est de coutume qu'au pays des aveugles, le borgne est roi. Et c'est à cet aveugle de Mazouz Hacène - Un aveugle n'est pas celui qui a perdu la vue, mais celui qui vit dans la cécité alors que ses yeux peuvent voir et discerner - que certainement Koné Cheick Oumar a refusé d'être.

Car si on est en droit de féliciter le comité de normalisation d'avoir organisé l'élection du nouveau président, il est aussi clair qu'à l'analyse, c'est une vraie patate chaude qu'il vient de mettre dans la main du président élu, Kuyo Téa Narcisse. L'ancien président du club vert et rouge, de retour à la barre dix ans après, ne pense pas si bien dire. Pacifier l'environnement en priorité La passe d'armes entre Bahi Antoine et l'ancien président Koné Cheick Oumar, dimanche, dans la salle de l'Assemblée générale, montre que le premier chantier de ramener la paix dans la maison.

L'un des acteurs principaux (avec Vagba Alexis) de la mise sous naturalisation de l'Africa en avril 2021 et de la descente en Ligue 2, l'ancien responsable des supporters s'est illustré de façon inélégante. Une attitude imprécise que le président Koneco n'a pas manqué de lui rappeler. Mais avant, le patron du Board de l'Africa (2010-2013) avait émis des réserves quant à la légalité, à la crédibilité, et à la régularité de l'élection.

Entre autres points soulevés, le collège électoral dont il a été admis de porter le nombre à 100 conformément aux recommandations de l'Assemblée générale du 14 novembre. Ce qui n'a pas été respecté. Tout comme l'élection du contrôleur général couplée à celle du président selon les textes du club.

Alors que ce dimanche, ce volet a été totalement snobé. Des manquements que Koné Cheick a qualifiés de points bloquants avant d'inviter au report des assises afin de revenir sur des fondements solides. L'Assemblée faisant valoir sa souveraineté ne l'a pas suivi et il s'est retiré du processus. "Je ne veux pas participer à une assemblée qui va être contestée. Ça fait des décennies que l'Africa est en crise. On va sortir de façon précipitée. On n'est pas à un jour près. Je ne peux rester dans la salle pour suivre une assemblée que je ne cautionne pas juridiquement. Je suis obligé de partir et en tirer les conséquences de droit", a-t-il lancé.

Définir le statut juridique Qui sont les vrais propriétaires du club ? Quelles sont les prérogatives du président de la section football par rapport aux responsables des autres sections ? Qui paie quoi ? Qui a droit de parole et de vote ? Voilà autant de préoccupations auxquelles doit répondre le nouveau président. Kuyo Téa Narcisse peut bien réussir puisqu'il en avait donné déjà la preuve.

L'assemblée générale du dimanche 28 novembre a permis de doter le club d'un président. Il lui revient de convoquer la grande famille vert et rouge pour réfléchir à ce qu'elle veut faire du club. Les textes sont là, avec des amendements et recommandations, il leur faut aller à une assemblée générale pour les adopter.

Tout en prenant le soin d'en extraire les points confligènes et les points bloquants. L'Africa Sports d'Abidjan, aujourd'hui plus que jamais, a besoin de stabilité pour se sortir des griffes de la Ligue 2 d'abord, avant de penser sa reconquête des sommets. Et cet autre chantier, tout aussi important que la pacification de l'environnement, doit être entamé dans les meilleurs délais.

A côté du cas Koné Cheick qui laisse présager des instants de tension, il y a la question de légitimité du président élu avec un collège électoral non représentatif. Donc la première mission de Kuyo Téa Narcisse consistera à ramener toute la famille oyé au chevet du malade. Il doit, au plus vite, convier la grande famille pour définir ensemble la feuille de route.

Ce qui suppose une assemblée générale d'adoption des nouveaux textes. Une mission qui, normalement, était du ressort du comité de normalisation. Mais il s'en est débarrassé. Il revient aux enfants du club de faire bloc derrière leur nouveau leader pour construire l'Africa Nouveau sur des "fondements juridiques" très solides. Aux fins de sortir définitivement de la spirale infernale d'instabilité.

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