Afrique: Paludisme - Forte hausse des décès en raison de la pandémie, le vaccin en ligne de mire

OMS
Fait 4: La recherche-développement de vaccins a accompli des progrès importants Un nouveau vaccin contre la dengue a été homologué dans plusieurs pays et un essai pilote du premier vaccin pour protéger les enfants du paludisme sera mené dans 3 pays africains en 2018. Il y a eu aussi une augmentation du nombre des vaccins dans les filières du développement clinique.

Quelque 627 000 personnes sont mortes en 2020 à cause du paludisme. C'est la conclusion du Rapport sur le paludisme dans le monde de l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS, publié ce lundi 6 décembre 2021. Cela représente 69 000 décès supplémentaires par rapport à l'année précédente dont les deux tiers sont la conséquence de la pandémie de Covid-19.

Dans son scénario catastrophe, l'OMS prévoyait que le nombre de morts dû au paludisme pourrait être multiplié par deux après une année de crise sanitaire liée au Covid-19.

Et certes, la pandémie et les confinements successifs ont engendré des perturbations dans la prévention du paludisme avec des problèmes dans la distribution des moustiquaires imprégnées de répulsifs par exemple ou encore dans le dépistage et l'accès aux traitements. Mais les pays touchés et leurs partenaires ont su réagir, se félicite l'OMS.

Soulagement donc mais pas de triomphalisme. Car pour la première fois en 20 ans, les chiffres sont en nette hausse : 14 millions de cas de paludisme et 69 000 victimes supplémentaires ont été recensés par rapport à l'année précédente.

Environ 69 000 morts supplémentaires ont été recensées l'année dernière, dont 47 000 sont imputables aux perturbations dans les services de préventions et de soin, principalement à cause de la pandémie de Covid-19...

Pedro Alonso, directeur du Programme mondial de lutte contre le paludisme de l'OMS

Et depuis plusieurs années, les progrès stagnent. Et l'objectif de diminuer la mortalité de 90 % d'ici à 2030 s'éloigne.

L'OMS appelle donc à redoubler d'effort. Avec un espoir : le premier vaccin antipaludéen vient d'être officiellement recommandé. Un nouvel outil, certes imparfait avec seulement 30 % d'efficacité, mais qui permettrait de sauver plusieurs dizaines de milliers de vies chaque année. Pedro Alonso, directeur du Programme mondial de lutte contre le paludisme de l'OMS mise beaucoup sur ce vaccin. Selon lui, on met souvent en avant le fait qu'il n'est efficace qu'à 30 %, que cela est trop faible. Mais entre 40 000 et 80 000 enfants africains pourraient être sauvés chaque année.

La demande potentielle pourrait atteindre 80 ou 100 millions de doses de vaccin chaque année. Or les capacités de production actuelle ne dépassent pas 15 millions de doses par an. C'est un exemple parfait de ce que pourraient changer les mécanismes internationaux : financer l'augmentation rapide des capacités de production et le déploiement en urgence du vaccin.

Pedro Alonso, directeur du Programme mondial de lutte contre le paludisme de l'OMS

L'OMS a changé cette année de méthode pour évaluer le nombre de morts du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans. Résultat : la maladie a fait beaucoup plus de victimes que ce qu'on pensait en vingt ans, même si sur cette période, la mortalité a tout de même baissé de moitié.

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