Soudan: Nouvelle manifestation contre l'accord entre le général Burhan et Abdallah Hamdok

Manifestations à Khartoum

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Khartoum, ce lundi 6 décembre, pour demander le départ des militaires, auteurs du putsch, le 25 octobre dernier. La police a tenté de disperser la foule, à coups de grenades lacrymogènes, aux abords du palais présidentiel. Les manifestants dénoncent l'accord signé entre le chef de l'armée, le général Burhan et le Premier ministre civil, Abdallah Hamdok, le mois dernier, un compromis salué par l'ONU et l'UA.

Pour les différentes organisations qui ont appelé à descendre dans la rue, il n'est pas question de suspendre les manifestations. Elles dénoncent l'accord signé entre le général Burhan et le Premier ministre Abdallah Hamdok, qui a permis à ce dernier de revenir à son poste et de former le prochain gouvernement, composé uniquement de technocrates.

L'accord permet également aux militaires de se maintenir à la tête de la transition pendant encore deux ans, jusqu'aux élections. Pour les manifestants, il s'agit d'une trahison. Les militaires doivent tout simplement quitter le pouvoir.

Les manifestants dénoncent également les propos du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, qui leur a demandé, la semaine dernière, d'accepter l'accord qui " même s'il n'est pas parfait, permet une transition vers la démocratie ". Pour le Syndicat des professionnels soudanais (SPA) - fer de lance de la révolte contre l'ex-président Omar el-Béchir - les propos du patron de l'ONU sont un aveu d'échec moral et politique.

" La communauté internationale est favorable à cet accord, mais il va à l'encontre de la volonté de la rue, dénonce un manifestant. Nous ne bénéficierons pas de cet accord. L'histoire va se répéter. On a déjà essayé de créer un partenariat avec ces militaires aujourd'hui au pouvoir et ils ont fait un coup d'État . On ne peut pas s'asseoir avec eux et les clauses de l'accord actuel sont un net recul comparé à l'accord de 2019 "

Si de nombreux prisonniers ont été relâchés, certains restent encore derrière les barreaux. L'activiste Nazim Siraj a passé un mois en détention. " La communauté internationale doit être avec nous. Si elle met en place des sanctions ciblées sur les putschistes, si elle gèle longtemps les aides financières, ils ne pourront pas se maintenir au pouvoir. Ils devront négocier avec des représentants qui nous représentent vraiment et qui puissent accomplir notre souhait : celui d'un pouvoir civil ".

Brandissant des pancartes au milieu de la foule, des avocats venus du Darfour demandent à la communauté internationale de ne pas fermer les yeux, rapporte notre correspondant à Khartoum, Eliott Brachet. Les affrontements à l'ouest du pays se sont multipliés depuis le coup d'Etat. Comme à Kreinik où au moins 48 personnes ont été tuées depuis dimanche par des miliciens.

Le Syndicat des professionnels soudanais se dit par ailleurs inquiet... Malgré les promesses du général Burhan, les arrestations continuent, de même que les nominations de proches de l'ancien régime à des postes clés, comme le chef de la police ou bien celui de la justice.

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