Congo-Brazzaville: La police empêche une manifestation des victimes du 4 mars à Brazzaville

Une marche dite pacifique des victimes des explosions du 4 mars au quartier Mpila de Brazzaville a été dispersée mardi par la police. Les manifestants réclament la reconstruction de leurs maisons détruites pendant cet événement.

Les familles étaient nombreuses dans la rue, notamment sur l'avenue des Trois Martyrs, près de l'hôpital de Talangaï, pour dire leur colère aux autorités. Neuf ans après les explosions de Mpila, elles n'ont toujours pas été indemnisées et nombreuses dorment à la belle étoile, faute de maison.

Déboussolé, un habitant du quartier Kanga Mbandzi dit pourquoi il est sorti dans la rue.

"Nous avons programmé cette marche pacifique depuis longtemps, parce que le comité de gestion de la crise a rencontré toutes les autorités sans gain de cause. Il s'est même rendu à Oyo pour rencontrer le président de la République. Ils sont revenus bras ballants", explique-t-il, soulignant que "aujourd'hui, il fallait donner le message aux autorités".

La colère et la frustration ont gagné plusieurs familles qui vivent dans la grande précarité depuis cette explosion.

" Nous sommes maintenant dans les tôles, les maisons sont cassées. Nous sommes malheureux. Nous ne vivons pas bien dans ce quartier. J'avais une grande maison ici, aujourd'hui, il n'y a plus rien", déplore ce père de famille.

Mais, la manifestation a rapidement été dispersée par la police, qui avait pris position devant le quartier, très tôt mardi matin.

Quelques jours avant, le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso a été interpellé au Sénat pour cette situation. Face à la crise financière, l'embarras du gouvernement pour liquider ce contentieux demeure.

"Ce n'est pas les quelque 2 milliards de francs CFA que nous pouvons inscrire au budget qui nous amèneront à régler ce problème qui coûte plus de 100 milliards de francs CFA. C'est un montant très lourd", a fait constater le Premier ministre.

Sur le site des explosions, des centaines de logements ont été construits, mais ne sont toujours pas occupés. Les autorités envisagent désormais de les attribuer aux jeunes fonctionnaires, qui pourraient progressivement en rembourser le coût d'accès.

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