Algérie: Le chef de la diplomatie française à Alger - Jean-Yves Le Drian saura-t-il calmer la colère de Tebboune ?

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères de la République française, Jean-Yves Le Drian
8 Décembre 2021
analyse

French President Emmanuel Macron arrives with Foreign Minister Jean-Yves Le Drian (R) at the Amiri Lounge of Doha Airport, on December 4, 2021, as he leaves the Qatari capital as part of a three Gulf countries tour. (Photo by Ammar Abd RABBO / POOL / AFP)

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, est en visite à Alger. Il s'agit d'une " visite de travail, d'évaluation et de relance des relations ", a indiqué Le Quai d'Orsay dans un communiqué. Durant son séjour en terre algérienne, le diplomate français rencontrera, tour à tour, son homologue Ramtane Lamamra, et le président Abdelmadjid Tebboune. Rappelons que c'est le premier déplacement d'un officiel français à Alger depuis que la France et l'Algérie sont entrées dans une nouvelle ère de crise diplomatique.

Tout a commencé le 28 septembre dernier, lorsque la France avait décidé de durcir les conditions d'obtention de visas à certains ressortissants du Maghreb dont des Algériens. La France reprochait, en effet, au Maroc, à l'Algérie et à la Tunisie qui sont concernés par cette mesure, de " freiner l'efficacité des reconduites à la frontière une fois les obligations de quitter le territoire français délivrées ". Toute chose qui avait valu à l'ambassadeur français à Alger, d'être convoqué par les autorités algériennes pour se voir notifier une " protestation formelle ".

On ose espérer qu'avec le déplacement de Jean-Yves Le Drian, les épais nuages qui assombrissent l'axe Paris-Alger, se dissiperont

Mais la goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été les révélations faites par le journal Le Monde, selon lesquelles le président Emmanuel Macron, au cours d'un dialogue avec les petits-enfants de Harkis, aurait affirmé que l'Algérie, après son indépendance, s'était construite sur " une rente mémorielle " entretenue par " un système politico-militaire ".

Cette sortie du numéro un des Français, faut-il le rappeler, avait provoqué l'ire des autorités algériennes qui avaient non seulement rappelé leur ambassadeur à Paris pour consultation, mais aussi interdit, en représailles, le survol de leur territoire aux avions militaires français. Jean-Yves Le Drian saura-t-il calmer le jeu en décrispant l'atmosphère très tendue entre Paris et Alger ? On attend de voir. Car, comme on le sait, le président Tebboune n'y était pas allé avec le dos de la cuillère pour exiger de son homologue français, " un respect total " de son pays.

Toute chose qui ne semblait pas tombée dans l'oreille d'un sourd puisque le président Macron, comme pour se racheter, avait souhaité un " apaisement " avec Alger, évoquant des " relations cordiales " avec le président Tebboune. On ose espérer qu'avec le déplacement de Jean-Yves Le Drian, les choses rentreront dans l'ordre et que les épais nuages qui assombrissent l'axe Paris-Alger, se dissiperont.

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