Afrique: Demande de liberation de journalistes - Les évêques seront-ils entendus ?

Des évêques Togolais.
16 Décembre 2021

Ferdinand Ayite, president of the SOS -Journalist in Danger speaks to the press as behind security forces stand to prevent a crowd of several hundred journalists and members of the public from protesting in front of the Palais des Congres in Lome on February 19, 2013. Journalists in Togo are protesting against a law giving the High Authority of Audiovisual and Communication (HAAC) more power to control media in Togo. AFP PHOTO / DANIEL HAYDUK (Photo by Daniel Hayduk / AFP)

Depuis l'arrestation, le vendredi dernier, de Ferdinand Ayité et Joël Egah, respectivement directeurs de publication du bihebdomadaire L'Alternative et de l'hebdomadaire Fraternité, pour diffamation et outrage à l'autorité, des voix et non des moindres, ne cessent de s'élever pour exiger leur libération. Pas plus tard qu'hier, la Conférence des évêques du Togo a joint sa voix à celles de nombreuses organisations de la société civile et de partis politiques, pour plaider la cause des deux journalistes. Mais sera-t-elle entendue ? Rien n'est moins sûr. On le sait, le président togolais qui dirige son pays d'une main de fer depuis plus d'une décennie, est un véritable prédateur des droits humains. C'est d'autant plus vrai que tous ceux qui osent lever le petit doigt pour critiquer sa gouvernance, sont soit jetés en prison soit contraints à l'exil.

Et ce n'est pas Carlos Kétohou qui dira le contraire. Directeur de publication, ce dernier avait été arrêté et son journal, L'Indépendant Express, interdit de publication, sans qu'il n'ait eu connaissance d'aucune plainte officielle contre lui. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'exercice du métier de journaliste est trop risqué au Togo. D'autant plus qu'ils sont nombreux les journalistes arrêtés ou placés en garde à vue au cours de l'année. Et le plus souvent pour des mobiles farfelus. C'est dire si ces arrestations traduisent la volonté du président Faure, de museler la presse. C'est pourquoi il faut féliciter l'Eglise catholique ainsi que tous ceux qui luttent pour la préservation de la liberté de la presse, pour le noble combat qu'ils mènent. Car, que serait le Togo sans la presse ? Ne dit-on pas que la vitalité de la démocratie d'un pays se mesure à l'aune de la liberté de la presse ?

Tant que la mal gouvernance perdurera, il y aura toujours d'intrépides combattants de la liberté et de l'Etat de droit

Au lieu de s'acharner contre de pauvres journalistes qui ne demandent qu'à faire leur travail, Faure gagnerait plutôt à soigner sa gouvernance. Après plus d'une décennie au pouvoir, Faure devrait permettre à son peuple qu'il a longtemps bâillonné, de respirer un peu plus. Car, peuple privé de liberté et de ses droits pendant longtemps, finit par se révolter. C'est dire s'il a tout intérêt à changer son fusil d'épaule. Certes, le peuple togolais semble avoir opté pour la résignation, mais son réveil pourrait sonner le glas de la dynastie Gnassingbé. En tout cas, après 38 ans de règne du père surtout marqué par la terreur, le fils devrait accepter d'ouvrir, en toute franchise, les vannes de la démocratie pour permettre au peuple de s'épanouir et d'avancer.

Mais en attendant, on a le sentiment que Faure vit sur une autre planète, car il aura transformé son pays en une prison à ciel ouvert. Et c'est dommage pour le peuple togolais qui a aussi le droit de goûter aux délices de la démocratie. Cela dit, il est temps que Faure comprenne que le temps de la dictature est révolu. L'emprisonnement à tour de bras d'opposants, de journalistes et autres acteurs de la société civile ne saurait constituer une solution durable. Tant que la mal gouvernance perdurera, il y aura toujours d'intrépides combattants de la liberté et de l'Etat de droit.

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