Congo-Kinshasa: Repression sanglante de manif à Goma - Tshisékedi joue gros

Une carte montrant l'emplacement de la ville de Goma en République démocratique du Congo, avec le Rwanda sur la droite. La frontière entre les deux pays s'étend jusqu'au lac Kivu, en bas à gauche.
20 Décembre 2021
analyse

Des organisations de la société civile et des mouvements citoyens avaient appelé à une journée de protestation contre l'insécurité qui sévit à Goma, en République démocratique du Congo (RDC). Mais très vite, ce qui se voulait une journée ville morte, a viré au drame. Car, des échauffourées ayant opposé les manifestants aux forces de l'ordre, on dénombre au moins trois morts dont un policier. Et partout à travers la ville, l'on pouvait voir des pneus brûlés, des routes barricadées et un important dispositif sécuritaire.

La situation était si tendue que la police congolaise, très vite débordée, a dû faire appel à l'armée afin de pouvoir faire face à la situation. Avait-on besoin d'en arriver là ? Assurément, non ! Car, pourquoi réprimer des manifestants qui souffrent le martyre du fait des incursions meurtrières régulières de différents groupes armés ? Les autorités de Goma veulent-elles dénier le droit aux populations de réclamer plus de sécurité ; elles qui n'en finissent pas de compter leurs morts et ce, en dépit de l'état de siège en vigueur depuis plusieurs mois dans leur région ?

Le président Tshisékédi gagnerait à œuvrer davantage à rassurer ses compatriotes

Plutôt que de sortir l'artillerie lourde face à des manifestants aux mains nues, il faut faire en sorte que prennent fin les assassinats, les cambriolages et autres kidnappings qui rythment le quotidien des populations de Goma. Car, si les populations de Goma ont décidé de donner de la voix à travers des manifs de rue, c'est parce qu'elles se sentent abandonnées à elles-mêmes.

Elles ont d'autant plus raison que l'état de siège décrété par le président Félix Tshisékédi et qui était présenté comme la panacée, n'y a rien fait. Du reste, tout se passe comme si la situation est allée de Charybde en Scylla et ce, malgré la présence de policiers rwandais censés contribuer à la protection des populations.

En tout cas, pour autant qu'il veuille se donner des chances de se faire réélire en 2023, le président Tshisékédi gagnerait à œuvrer davantage à rassurer ses compatriotes en ramenant la paix et la sécurité surtout dans la partie orientale du pays où pullulent des assaillants de tout acabit. A défaut, il risque de faire regretter son prédécesseur Joseph Kabila dont on sait que la gouvernance était loin d'être vertueuse.

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