Afrique: Avec l'expulsion des huit Rwandais, le Niger viole l'accord avec le Tribunal international

Les bureaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha

Le Niger est sommé de suspendre pour trente jours la procédure d'expulsion visant huit anciens responsables rwandais. Un juge du Mécanisme de l'ONU en charge de boucler les derniers dossiers du Tribunal international pour le Rwanda a ordonné ce vendredi 31 décembre à Niamey de suspendre la décision prise le 27 décembre.

À la mi-novembre, Niamey s'était engagée dans un accord passé avec le Tribunal international à accueillir sur son territoire ces huit ex-responsables rwandais, rappelle notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas. Installés depuis le 5 décembre au Niger, ces anciens officiers, hommes d'affaires et membres du gouvernement intérimaire en place durant le génocide, ont été acquittés ou ont fini de purger leur peine.

Mais depuis, ils sont confrontés à une situation kafkaïenne. Jusqu'ici, aucun pays, à l'exception du Rwanda, n'avait accepté de les accueillir, que ce soit sur le continent ou ailleurs. Faute de solution, ils étaient restés sous la garde du tribunal à Arusha. Certains y sont restés plus de dix ans.

" Des raisons diplomatiques "

Avec l'accord du Niger, le Tribunal international croyait avoir enfin trouvé la réponse à ce véritable casse-tête. Mais alors que Niamey était censée leur offrir un statut de résident permanent dans les trois mois, les autorités ont changé d'avis.

S'agit-il de pressions du Rwanda ? Le Niger invoque " des raisons diplomatiques " dans son ordonnance d'expulsion, mais sans plus de détails. Le 13 décembre, la représentante du Rwanda à l'ONU avait critiqué l'accord. La diplomate demandait au Niger de veiller à ce que les huit ne puissent pas avoir " d'activités subversives ". Quoi qu'il en soit, Niamey a désormais trente jours pour justifier sa décision face au Tribunal international.

L'accord dit qu'en aucun cas, le Niger ne peut remettre, ni les extrader, ni les expulser surtout pas ne les remettre au Rwanda ou à tout autre pays qui peut encore les juger pour les mêmes crimes.

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