Centrafrique: A Paoua, le fléau des morsures de serpents

Dans la préfecture de Paoua, située dans le Nord-Ouest de la Centrafrique, les morsures de serpents sont un véritable enjeu de santé publique. En cause: le mbakara, un petit serpent très venimeux et très fréquent lors de la saison sèche. Les agriculteurs en zone rurale en sont les principales victimes. En raison de l'état des routes et de l'insécurité, se déplacer jusqu'à l'hôpital est un défi.

Un homme, désemparé, pénètre dans la salle des urgences de l'hôpital de Paoua... La main de son fils a triplé de volume.

" Au moment des saisons sèches, ils brûlent les herbes à la recherche de rats. Là, vous voyez, c'est la main gauche. Il était en train de creuser un trou mais le serpent était dedans et il l'a mordu. La moyenne journalière, ce sont 10 cas de morsure de serpent. Ici, on l'appelle communément " mbakara ". Il mesure environ 10 à 15 cm. Il est tout court mais très méchant. ", indique l'infirmier Gilbert Djimarem.

Une aiguille, dans la main, teste la coagulation du sang. Un résultat négatif indique l'envenimement : " Des cas comme ça entraînent la mort parce qu'après, la personne commence à saigner par les orifices naturels ", ajoute l'infirmier.

Chaque morsure est une course contre la montre. Il aura fallu plus de trois heures et 20 000 francs à cette autre patiente pour traverser, à moto, les 80 kilomètres qui séparent l'hôpital de son champ de manioc.

" La plupart du temps, c'est au niveau du pied. La prévention la plus simple, c'est de conseiller la personne à porter des chaussures couvertes - encore faut-il en avoir, bien sûr - parce que c'est une question de vie (ou de mort)", précise, de son côté, le Dr Fabrice Assana.

L'hôpital de Paoua dépend entièrement des partenaires internationaux pour s'approvisionner en anti-venins.

Classée maladie tropicale négligée par l'OMS, on dénombre près de 5 millions de morsures, chaque année, dans le monde et la plupart des décès sont évitables.

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