Kenya: Une pénurie de frites chez KFC déclenche la colère des Kényans

Une pénurie de frites chez KFC a permis aux Kényans de découvrir que la chaîne américaine de restauration rapide importait ses pommes de terre au lieu de s'approvisionner auprès des producteurs locaux.

La nouvelle a été annoncée en début de semaine sur Twitter : KFC est à court de frites au Kenya. La chaîne américaine de restauration rapide a justifié cette pénurie par les perturbations du transport maritime mondial liées à la pandémie de coronavirus qui ralentissent son approvisionnement en pommes de terre. Les Kényans ont ainsi découvert que le spécialiste du poulet frit se fournissait à l'étranger plutôt que chez les producteurs locaux. Et ce alors que le Kenya produit plus de 60 variétés de tubercules et que la récolte est surabondante.

KFC explique que ses produits doivent passer par un processus mondial de contrôle de la qualité. Mais l'argument n'a pas convaincu les Kényans qui, sur Twitter, ont appelé en masse au boycott de la marque américaine.

Cela n'empêche toutefois pas certains de s'y rendre. " Je vois bien leur point de vue. Ils ont des exigences strictes en termes de traçabilité des produits. Et nos systèmes, au Kenya, ne sont peut-être pas les meilleurs dans ce domaine, remarque Myriam Wangari, qui récupère sa commande depuis sa voiture dans un restaurant de Nairobi. Donc je comprends pourquoi ils sont amenés à acheter leurs pommes de terre ailleurs. En fait, ils peuvent les acheter où ils veulent. Au fond, je m'en fiche un peu, ça ne va pas m'empêcher de venir ! "

" Inacceptable "

Un avis qui ne fait pas l'unanimité. Hussein Ahmed, lui, ne cache pas son agacement : " Nous avons plein de pommes de terre dans le pays et pourtant on nous dit qu'il n'y a pas de frites ici. On doit attendre celles qui sont importées. C'est ridicule ! On devrait utiliser nos patates locales, elles n'ont aucun problème. Je suis né ici, j'ai 70 ans, des pommes de terres kényanes, j'en ai mangé toute ma vie et je n'en suis pas mort. "

Sur le parking, Malossi, est encore plus remonté. Pour ce jeune Kényan, le commerce local est une priorité, même pour des entreprises étrangères. " Tant qu'ils n'auront pas résolu le problème avec les producteurs locaux, je vais les boycotter, prévient-il. Ils devraient soutenir les agriculteurs kényans. Mais ils ne le font pas, ils n'achètent pas leurs pommes de terres localement et ça, pour moi, c'est inacceptable. "

Face aux critiques, KFC a finalement annoncé se renseigner pour s'approvisionner en frites auprès de producteurs kényans.

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