Burkina Faso: Assises criminelles à Dédougou - Reconnu coupable de meurtre, un accusé écope de 7 ans de prison ferme

11 Janvier 2022

La 16e session de la Chambre criminelle de la Cour d'appel de Bobo-Dioulasso, siégeant à Dédougou, se tient du 10 au 20 janvier 2022 dans la cité de Bankuy. Pour l'occasion, 35 dossiers impliquant 41 accusés de crimes de sang, des infractions portant atteintes aux biens et aux bonnes mœurs, sont inscrits au rôle de la présente session. Le dossier inaugural concerne un accusé de meurtre. Reconnu coupable, il a été condamné à 7 ans ferme.

Meurtre, coups mortels, assassinat, viol aggravé, complicité de meurtre et d'assassinats sont, entre autres, les chefs d'accusation reprochés aux 41 accusés. Selon Didier Hien, Procureur général (PG) près la Cour d'appel de Bobo-Dioulasso, les peines encourues vont de 10 ans à l'emprisonnement à vie, si les accusés sont reconnus coupables. Cependant, certains peuvent bénéficier de circonstances atténuantes. Toujours selon le PG, la tenue des sessions de la Chambre criminelle dans le pôle criminel de Dédougou, participe de la sensibilisation des justiciables sur la gravité de certains actes.

C'est pourquoi il a invité les justiciables de Dédougou à effectuer le déplacement de la salle d'audience pour suivre les différents procès. Didier Hien a par ailleurs expliqué que la lenteur dans le jugement des dossiers criminels est liée au manque de moyens financiers. " Nonobstant, la Justice fait de son mieux pour vider les casiers ", a déclaré le PG avant d'indiquer que cette session sera couplée à une audience foraine. Accusé de meurtre sur sa concubine en septembre 2020 à Tansila, dans les Banwa, Guiri Sanou est le 1er à comparaître. Sans ambages, l'accusé a reconnu les faits. Il déclare cependant n'avoir pas eu l'intention de donner la mort.

Me Michel Traoré, a fait observer qu'il n'y a point d'intention coupable de son client

A l'en croire, le drame est survenu lors d'une dispute avec sa concubine. Cette dernière aurait menacé de tuer les 3 enfants de sa coépouse et que son concubin subirait également le même sort. Emporté par la colère, l'accusé décide, selon ses propos, de corriger sa concubine. Il se saisit d'une manche de daba et administre 4 coups sur des parties sensibles de la victime qui passe de vie à trépas. Pris de panique, l'accusé tente de se suicider en buvant un mélange de pesticides. Fort heureusement, le produit n'a pas produit l'effet escompté durant son refuge en brousse.

Après un mois passé dans la clandestinité, il se rend aux autorités. Pour le procureur général, l'altercation malheureuse entre l'accusé et son épouse aurait pu être évitée. Pour étayer ses propos, il a cité Jean Michel Bessette pour qui, le meurtre est l'ultime échec de la parole. Le PG a fait observer que l'acte posé par l'accusé est d'une barbarie indescriptible au regard de l'objet utilisé et des parties sensibles touchées.

A l'en croire, les coups portés sur la tête, le cou ne peuvent avoir autres résultats que la mort. C'est pourquoi il a estimé que les faits reprochés à l'accusé sont caractérisés. Pour cela, il a requis une peine de 10 ans. Dans sa plaidoirie, l'avocat de l'accusé, Me Michel Traoré, a fait observer qu'il n'y a point d'intention coupable de son client.

Pour étayer ses propos, il a déclaré que l'accusé et la victime vivaient en parfaite harmonie depuis plus de 10 ans, avec à la clé 3 enfants. Me Traoré, sans apprécier l'acte de son client, le justifie par les menaces de mort proférées par la victime à l'endroit de l'accusé. L'avocat a tout simplement demandé la requalification de l'accusation de meurtre en coups mortels. En vidant le délibéré, la Cour, dans sa majorité, a reconnu l'accusé coupable de meurtre. Elle l'a condamné à 7 ans ferme.

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