Afrique de l'Ouest: Embargo du mali par la CEDEAO et l'Uemoa - Macky appelé à s'en désolidariser, au profit de l'intérêt du Sénégal

12 Janvier 2022

Lors d'un sommet extraordinaire tenu à Accra (Ghana), le dimanche 09 janvier 2022, la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a décidé d'imposer des sanctions supplémentaires contre le gouvernement de la transition au Mali. Ces restrictions vont de la fermeture des frontières terrestres à celle maritimes et aériennes, en plus des sanctions économiques. Un embargo infligé au Mali par la CEDEAO qui suscite des réactions d'alerte et surtout de désapprobation de politiques et acteurs de la société civile au Sénégal, préoccupés par l'impact de cette mesure sur le peuple déjà durement affecté par la crise sécuritaire et sanitaire dans le pays.

Déthié Fall, député et President du Prp : "Nous demandons solennellement au Président Macky Sall de ne pas embarquer le Sénégal dans... "

"En prenant de telles sanctions, nous remarquons plus une optique d'asphyxier et d'étouffer la population malienne, déjà éprouvée par la crise sécuritaire et sanitaire, que de sanctionner les leaders de la transition. Nous alertons dès lors d'une incohérence par rapport à l'article 3 du Traité révisé de la CEDEAO qui consiste à élever le niveau de vie de ses peuples, de maintenir et d'accroître la stabilité économique, de renforcer les relations entre les Etats membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain. Ce qui pourrait induire un risque de soulèvement populaire consécutif à cette asphyxie, et par ricochet contribuer davantage à la fragilisation du Mali et de la zone Sahel. L'on ne résout pas un coup d'Etat par une insurrection.

Nous en appelons à l'humanisme des dirigeants de la CEDEAO envers leurs peuples et leur rappelons l'esprit de cette organisation communautaire dans sa volonté de communion, de coopération et d'intégration des peuples (... ). Nous demandons solennellement au Président Macky Sall de ne pas embarquer le Sénégal dans cette démarche d'étouffement d'un peuple frère et de faire montre d'empathie envers le peuple malien. Nous renouvelons et manifestons tout notre soutien à nos frères et sœurs maliens, et militons pour une transition pacifique, concertée et inclusive du pouvoir militaire aux civils et un retour à l'ordre constitutionnel."

Ousmane Sonko, leader de Pastef, candidat de YAW a la mairie de Ziguinchor : "Soutien au peuple malien qui va être pris en otage par une CEDEAO complice de présidents illégitimes... "

"Aujourd'hui, pour préserver des intérêts étrangers, elle piétine avec allégresse tous ses principes fondateurs, surtout celui du respect et de la protection des droits des peuples, en imposant un embargo économique, commercial et financier à l'égard de nos frères maliens. La CEDEAO veut substituer une souveraineté communautaire factice à une souveraineté légitime du peuple malien qu'elle n'a jamais pu aider ni dans sa lutte contre le terrorisme djihadiste, ni contre les dérives politiques du président déchu, membre de leur syndicat d'affairismes. Nous réaffirmons tout notre soutien au peuple malien qui va être pris en otage par une CEDEAO complice de présidents illégitimes et qui sera tenue pour responsable de toutes les conséquences que subira le peuple malien, déjà tellement éprouvé. Nous appelons les autres pays frontaliers non concernés par la CEDEAO à faire preuve d'humanité et assister autant que faire se peut leurs voisins maliens. Enfin, nous relevons que les Chefs d'État réunis à la CEDEAO se sont constitués en un groupe d'amis qui se soutiennent et se complaisent sans la moindre compassion à l'égard des populations suffisamment éprouvées par la pauvreté, sinon comment comprendre cet embargo dont les conséquences affecteront indubitablement une bonne frange de la population ouest-africaine en général et sénégalaise en particulier."

Boubacar Sèye, président de Horizon Sans Frontières (HSF) : "Le dossier le plus urgent que le Sénégal devrait mettre sur la table des négociations internationales est celui du Mali... "

"Les autorités maliennes ont rappelé leurs ambassadeurs dans les 15 pays de la CEDEAO, une situation qui va certainement modifier les données géopolitiques de la sous-région. C'est une actualité à retentissement mondial et si on n'y prend pas garde, les prochains jours seront cruciaux pour l'avenir immédiat d'une coopération internationale bâtie sur des valeurs, pendant des décennies. C'est la plus grande crise politique et institutionnelle en Afrique. Le dossier le plus urgent que le Sénégal devrait mettre sur la table des négociations internationales, est celui du Mali, un voisin immédiat, avec qui il partage le même espace géographique, politique et culturel, historique et linguistique. L'effervescence passagère de la CAN et celle non moins éphémère de la campagne électorale, ne devraient, aucunement, faire perdre de vue la gravité de la situation malienne. Sans attendre, le Sénégal a les moyens, encore une fois, d'affirmer son leadership, en prenant en main, aujourd'hui même, la conduite jusqu'à son terme de ce dossier particulièrement lourd et délicat. L'Homme malien, dans son vécu culturel et historique, dans ses attitudes et relations avec les autres, a un tempérament diffèrent de ce que l'on a habitude de voir. Le Mali est un pays d'honneur, ceux qui conduisent les négociations dans cette crise devraient bien tenir compte de l'exception de l'homme malien dans l'environnement africain. Les Maliens n'accepteront jamais l'humiliation surtout, celle venant de l'étranger."

Mamadou Lamine Diallo, leader de Tekki : "Nous attendons du Mali un sursaut démocratique et patriotique"

"La situation se dégrade au Mali, au détriment des populations. La CEDEAO n'a, hélas, pas la crédibilité pour imposer son calendrier au Mali. Elle a accepté le troisième mandat forcé de Ado", déclare Mamadou Lamine Diallo président du mouvement Tekki qui dit attendre des dirigeants du Mali, ainsi que sa classe politique "un sursaut démocratique et patriotique".

Frapp / France dégage : "La CEDEAO, incapable de mobiliser ses forces, en janvier 2012, pour protéger le Mali du terrorisme néocolonial... est prête à... "

"FRAPP dénonce énergiquement la mise sous embargo du peuple frère du Mali par les valets de la France, de l'UE... que sont l'UEMOA et la CEDEAO. Ces deux institutions ont cessé d'être définitivement des institutions au service des peuples africains quand ils ont signé les accords de partenariat économiques, véritables acceptation d'une recolonisation commerciale de l'Afrique de l'Ouest, (... ). La CEDEAO, incapable de mobiliser ses forces en janvier 2012 pour protéger le Mali du terrorisme néocolonial, incapable de se mobiliser dans la zone des trois frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso est prête à mobiliser ses forces pour attaquer le pouvoir de transition au Mali !

Autrement dit, les présidents du Niger et du Burkina Faso, par exemple, au lieu de se battre pour que la CEDEAO utilise ses forces contre le terrorisme, sont plus préoccupés par le pouvoir de transition au Mali qui a commencé à infliger des défaites importantes au terrorisme néocolonial allié de la France impérialiste. Le FRAPP exprime toute sa solidarité au peuple malien. Le FRAPP va engager avec les progressistes sénégalais une réflexion sur les formes que notre solidarité envers nos frères et sœurs du Mali pourra prendre."

Dr Cheikh Tidiane Dièye, Coordonnateur "Avenir Sénégal bi ñu beug" : "Macky Sall doit savoir où se trouve l'intérêt du Sénégal"

"Je condamne fermement les sanctions illégales, abusives et disproportionnées infligées au peuple malien par le syndicat des Chefs d'Etat de la CEDEAO. (... ) Je rejette intégralement la décision de la CDEAO car elle est dangereuse et contre-productive (... ). Comme je l'avais fait lors du premier embargo contre le Mali en 2020, je demande encore au Président Macky Sall de ne pas s'associer à cette décision prise contre les peuples maliens, sénégalais et ceux de toute la communauté ouest africaine. Je sais que notre gouvernement n'a pas beaucoup d'imagination, mais fermer la frontière, ne serait-ce que partiellement, c'est pousser le Mali à détourner son fret du port de Dakar vers celui de Conakry dont le gouvernement vient de décider qu'il n'appliquera pas les sanctions et gardera ses frontières ouvertes. C'est stratégique et tactique.

On sait depuis longtemps que les Ports de Conakry, Abidjan et Lomé, entre autres, convoitent le commerce extérieur malien. Bamako, pour des raisons économiques, stratégiques, politiques et culturelles, a toujours préféré le Sénégal. Il est temps de rendre au peuple malien ce qu'il nous a donné. Le port de Dakar ne vit que par le commerce du Mali et le millier de camions qui empruntent quotidiennement le corridor Dakar -Bamako. Le port de Ndayane, actuellement en construction, est envisagé pour les mêmes raisons. Macky Sall doit savoir où se trouve l'intérêt du Sénégal".

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