Madagascar: Patri... moindre

Une déclaration qui vaut tout son pesant d'or du président de la République à Andekaleka et qui explique pourquoi nous sommes arrivés à cette situation intenable. " C'est notre seul patrimoine.

Il a été construit il y a quarante ans. C 'est le seul barrage hydroélectrique propriété de l'État. C'est le seul barrage qui produit de l'électricité à moindre prix. Le reste du besoin de la population on doit l'acheter aux fournisseurs privés. On peut avoir des divergences sur le plan politique, mais on ne peut pas admettre qu'on touche à une infrastructure dont dépend la vie du pays et sa population. "

C'est une déclaration lourde de sens et qui souligne très bien l'importance d'un barrage hydroélectrique rien que par le prix du kilowattheure qu'il fournit. Pour un pays très pauvre, l'énergie électrique fournit par un barrage reste l'idéal. Ratsiraka avait d'autres projets énergétiques comme le solaire ou l'éolienne mais ils ont été délaissés à cause de leur coût. Après Ratsiraka, aucun dirigeant ne s'est penché sur la nécessité de construire d'autres barrages du type d'Andekaleka. Ratsiraka avait un autre projet à Namorona mais cela n'a pas abouti.

Par la suite quand les besoins en énergie ont augmenté avec l'augmentation de la population et l'avènement des entreprises franches et minières, on s'est tourné vers la facilité. La Jirama a acheté de l'énergie à des fournisseurs privés qui ont construit des centrales thermiques. Cela a commencé en 1996 et dure jusqu'à maintenant. Le nombre de fournisseurs en énergie thermique n'a cessé d'augmenter au fil des années. C'est une filière juteuse qui a fini par pomper les finances de la Jirama. La trésorerie ne pouvait plus suivre le volume des dépenses et les dettes se sont accumulées pour atteindre un niveau astronomique. L'État a dù intervenir pour sauver la Jirama et éviter un black-out depuis 2014.

Avec l'argent dilapidé pour engraisser les fournisseurs de la Jirama depuis ces années, l'État aurait pu construire deux ou trois nouveaux barrages hydroélectriques. Et on n'en serait pas là aujourd'hui. Hélas, ce sont encore les fournisseurs de la Jirama qui sont à la tête des grands projets comme Volobe ou Sahofika. Autrement dit et comme l'a souligné le président de la République, Andekaleka restera le seul et unique patrimoine de l'État. Et même s'il est rétabli dans huit mois et produira 120 MW, la Jirama sera réduite à jamais à s'approvisionner chez ses fournisseurs pour combler le gap de 150 MW nécessaire pour éviter le délestage.

Pour le moment, les usagers n'ont pas d'autres choses à faire que de ronger leurs freins. Andekaleka mettra du temps à se relever, pas avant huit mois. En principe, les centrales thermiques devraient venir à la rescousse pour alléger le délestage mais ce n'est pas le cas. Les arriérés de paiement de ces fournisseurs privés à la Jirama atteignent un niveau qui dépassent l'entendement que même les réquisitions de l'État n'ont aucun effet sur eux. On se trouve ainsi dans un écheveau inextricable. Il faut être très fort pour trouver le fil d'Ariane comme Ratsiraka aimait dire.

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