Sénégal: Souriez, c'est jeudi ! - Sonko, plafond verre ou futur Président ?

Ousmane Sonko, président du parti Pastef, opposition sénégalaise
13 Janvier 2022
analyse

Ousmane SONKO, opposant affirmé du Président de la République, a pris des galons depuis la dernière élection Présidentielle sénégalaise. Son score de 15% pour une première candidature n'a pas surpris les observateurs politiques. Il est décrit comme un candidat anti système, qui dénonce courageusement les "supposées dérives" du régime en place. Son départ forcé de son poste d'inspecteur des impôts lui confère encore toute la légitimité à se présenter aux sénégalais pour leur demander leurs suffrages, afin d'accéder au poste de chef de l'Etat. D'autant plus qu'il ne peut y avoir aucuns griefs à son égard : Il n'a jamais été ministre, ni mouillé à des malversations ou détournements de deniers publics.

Sonko semble donc cocher toutes les cases. Son procès à venir pour viol pourrait-il ternir son image d'homme droit, intègre et vertueux ? Je pense que cette histoire n'a pas écorné définitivement son image, sachant qu'il faut avoir le courage de le dire que certains "mâles" sénégalais ont souvent des relations très ambiguës avec la gent féminine. Selon beaucoup de sénégalais, la plaignante serait téléguidée pour piéger le leader du PASTEF avant même de connaître le contenu du dossier. Or, ces accusations sont très graves et relèveraient du pénal. L'accusatrice est devenue l'accusée au grand dam de quelques mouvements féministes sénégalais.

Nous pouvons dire qu'Ousmane Sonko est un personnage très clivant : les positions des sénégalais restent tranchées et définitives à son égard. Certains voient en lui un homme intègre, patriote, compétent, d'autres sont farouchement opposés à lui, ne peuvent pas le voir en "peinture" et le considèrent comme un trublion, un homme dont les projets politiques conduiront le Sénégal à sa faillite. L'ancien inspecteur des impôts est au centre des débats. Il est populaire et peut dicter le débat politique par ses prises de positions parfois radicales.

Mais peut-il rassembler 50, 1 % des suffrages des sénégalais ? Comment peut-il rassurer ses compatriotes qui semblent lui tourner le dos ? Les sénégalais aiment, sous l'arbre à palabre, mettre au sommet des collines des personnalités politiques qui dénoncent très ardemment les dysfonctionnements de l'Etat. La question du vote est plus complexe. Il me semble que nos concitoyens aiment des tribuns, des fougueux, mais ceux-ci doivent montrer aussi leur "zénitude" pour obtenir leurs suffrages. Rappelons que Macky Sall a profité (entre autres) de son calme durant la campagne électorale de 2012. Une partie de l'électorat, l'a trouvé apaisant, rassurant. Nous avons entendu : "DEFAWARU" (il est poli) durant cette campagne électorale. Il est bien entendu que ce n'est pas le seul critère qui lui a permis de rafler la mise en 2012, mais les sénégalais utilisent souvent le mot"DIAM" (paix).

Sonko, qui n'a jamais prôné la révolution, traine encore une image, (peut-être) à tort, de jeune rebelle. Cet homme brillant s'est installé définitivement dans les couloirs de départ qui mènent au poste de Président de la République. La route est longue et semée d'embûches. Le pouvoir en place, par ses atermoiements semble faire une "fixette" sur lui ; ce quile met encore plus dans une position confortable car, les virulents opposants du Président du République sont toujours à la recherche du futur locataire de l'avenue Léopold Sédar Senghor. Néanmoins, Sonko semble trimbaler le syndrome de Wade : "l'homme du désordre". Ce qui n'a pas empêché ce dernier d'accéder au pouvoir, mais au bout de quarante ans d'opposition acharnée.

Ces dernières prises de position laissent à penser qu'il a choisi la posture de Malcolm X et non celle de Martin Luther King. Sa bataille électorale de Ziguinchor sera une étape importante dans publics sa carrière politique : vaincre ou disparaître peut-être...

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