Congo-Kinshasa: 2023 - Le décor électoral est planté !

L'année pré-électorale commence sur le chapeau de roues, il ne faudrait pas être un illuminé de la politique pour comprendre que les pièces du puzzle s'articulent déjà en perspective des échéances électorales de l'an prochain.

Cette dynamique électorale se constate avec la tournée du Président Félix Tshisekedi dans l'espace Kasaï. D'aucuns diront, qu'il s'agit-là d'une simple tournée présidentielle comme celle qu'il a réalisée dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, sous état de siège depuis le 6 mai 2021.

Cependant, lorsque qu'on gratte de plus près, on constate la mutation effectuée par le discours d'un Président en fonction en candidat président à sa propre succession. Cette mutation, se fait souvent par des promesses d'ordre prospectif qui, par essence, sont la marque déposée de la campagne électorale. On répliquera sans nul doute que le Président de la République serait, pour certains, un spécialiste des promesses. Mais à une exception près, lors de sa tournée au Kasaï, cette fois-ci, il précède ses promesses d'un propos clivant : " vous êtes mes frères ".

Cette phrase polémique n'est pas la résultante d'un hasard, il concourt plutôt à une forme de stratégie en communication politique qui consiste à cliver. Pour que les potentiels électeurs acquis se confortent dans leurs choix, en fessant appelle au pathos c'est-à-dire l'argumentaire par l'affect. Et cela se confirme lorsque le Président poursuit " Donnez-moi un deuxième mandat, je ne vous ai pas oublié ".

Des Mobutistes mués en Kabilistes et puis, métamorphosés en Tshisekedistes

Mais cette mutation électorale n'est pas le propre du Président de la République. Toujours dans cette tournée, on a observé des ralliements au camp du Président de la République. Il s'agit du Sénateur Evariste Boshab et du Professeur Théophile Mbemba. Les deux ont pour point commun d'être des figures de proue de la Kabilie.

Pour le premier, cela s'inscrit dans une sorte de préservation de son électorat, qui se trouve dans le fief du Président de la République. Certaines langues diront que " Bush " a été élu à trois reprises dans cette circonscription de Mweka. Il ne faut pas escamoter qu'il n'était pas en position d'opposant au maître du lieu, puisqu'à l'époque il était encore aux affaires sous le régime Kabila. C'est qui est loin d'être le cas actuellement. Point n'est besoin de rappeler que cette recette a fonctionné en 2018, le cas de Delly Sesanga et Claudel Lubaya en sont des illustrations typiques.

Par contre, le cas de Théophile Mbemba est plus simple. Il s'agit de prendre simplement le train qui semble être bien en marche à la lumière de la spirale du silence. En espérant soit un poste ministériel, soit d'être élu en tant qu'allier du Président de la République et de bénéficier ainsi de son aura.

Le décor électoral congolais est planté avec un Président qui sera plus un candidat que le Garant de la Nation qui doit être au-dessus de la mêlée, des membres de la majorité qui jouent au jeu du chat et de la souris, des transhumances politiques inimaginables. D'autant plus que l'on peut considérer la résistance farouche du tandem Lamuka-FCC et alliés sur l'actuel bureau de la CENI de Denis Kadima, amplifiée de nouveau avec la désignation de Thotho Totokani Mabiku, ancien membre du Cabinet politique de Feu Dr. Etienne Tshisekedi, comme Secrétaire Exécutif National de la Centrale électorale.

Qu'à cela ne tienne. Quand bien même l'on souhaiterait gagner les élections futures, mais avec quel bilan satisfaisant à brandir ? La confiance du peuple congolais lui sera-t-elle encore octroyée, après trois ans sans changement significatif dans le vécu quotidien, sans compter les deux premières années perdues dans la coalition FCC-CACH ?

Le suspense demeure encore...

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