Cameroun: Les séparatistes anglophones menacent la CAN

14 Janvier 2022

La ville de Buea, dans la région du Sud-Ouest, a déjà connu des attaques. Un sénateur et un chef traditionnel ont été assassinés.

Des séparatistes anglophones ont lancé un avertissement aux habitants proches des hôtels où logent les délégations venues pour la CAN, mais aussi à ceux qui se rendraient au stade de Limbe où se déroulent certains matchs de cette compétition.

Ils leur ont dit de s'éloigner de ces deux endroits.

Les violences qui ont frappé les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun durant les cinq dernières années sont en effet loin d'être finies.

Les premières victimes depuis le début de la CAN

La famille du sénateur Henry Kemende pleure la perte de ce dernier, abattu mardi (11.01.22). Elvis Brown est le neveu du défunt :

"J'ai travaillé avec lui les six dernières années dans un même bureau et me dire qu'il est mort est comme un cauchemar pour moi. C'est moi qui l'ai transporté à la morgue et c'est comme si entre moi et lui on a des dossiers non-achevés qu'on doit discuter ensemble."

Réaction de l'armée

Le général Valere Nkah, commandant du 5e bataillon régional combiné, accuse les séparatistes anglophones de ce meurtre. "Ce sont ceux qui se nomment les Amba qui l'ont tué... mais nous n'avons pas encore assez de détails. La gendarmerie poursuit les investigations", a martelé le général Valere Nkah.

La menace est réelle

Entre temps, dans la ville de Buea située dans le Sud-Ouest, la confrontation entre l'armée camerounaise et les séparatistes anglophones continue. Deux autres personnes ont récemment été tuées.

La ville héberge l'équipe de Gambie, tandis que la Mauritanie est logée à Limbe. Les deux équipes se déplacent sous escorte militaire.

Bien avant la compétition, Daniel Capo, l'un des leaders des séparatistes, avait averti que la CAN n'était pas la bienvenue dans les régions anglophones.

"C'est une insulte à notre population déjà opprimée d'organiser une CAN dans une situation de guerre. Pour cela, aucun visiteur n'est le bienvenu en territoire ambazonien pour cette CAN qui se moque d'une population opprimée, ainsi que de notre lutte pour l'autonomie. Nous ferons donc tout ce qui est dans nos capacités pour déstabiliser cette CAN", menace Daniel Capo.

Le risque d'un attentat durant la CAN est donc bien réel mais face à cela, le gouvernement camerounais continue à affirmer qu'il écrasera les séparatistes, malgré des appels répétés au dialogue comme seul moyen de sortie de crise

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