Congo-Kinshasa: Affaire Théophile Matondo - Les avocats de la défense dénoncent un mal jugé

Les avocats de Théophile Matondo ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l'homme notent que le prévenu a été cité comme co-auteur du détournement des deniers publics alors que les vrais auteurs n'ont jamais été inquiétés et ne sont pas connus jusqu'à ce niveau du procès.

Après deux remises et l'ouverture du procès le 10 janvier dernier à la Cour de cassation, la Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP), représentée par son président, Emmanuel Adu Cole, et le collectif d'ONG partenaires ainsi que les avocats du directeur général du Bureau centrale de coordination (Bceco), Théophile Matondo, affirment continuer à croire à l'innocence de cette personnalité détenue quelques mois déjà, condamné par la justice à dix ans de prison.

Ces organisations et ces avocats notent, en effet, que le déroulement de cette affaire ne correspond pas au verdict prononcé par la justice, étant donné que " cela est prouvé noir sur blanc que la personne condamnée n'a jamais été ni de près ni de loin liée aux faits pour lesquels elle a été condamnée ". Dénonçant une justice à double vitesse, ils se disent inquiets que Théophile Matondo soit cité comme co-auteur dans le détournement de ces fonds alors que les vrais auteurs ne sont pas jusqu'à présent connus et moins encore inquiétés.

Pour les avocats, comme co-auteur, leur client devrait comparaitre avec des codétenus. Ce qui n'est pas le cas. C'est pourquoi ils continuent à souligner un mal jugé, notant que ce dossier est vide.

De son côté, la FBCP souligne la dégradation de l'état de santé de Théophile Matondo et appelle la Cour de cassation à en tenir compte et à ne pas chercher à faire de la magie pour fabriquer des infractions permettant de retenir ce détenu en prison. Soulignant le mal jugé et le fait que ce dossier est vide, cette ONG et le collectif d'organisations des droits de l'homme qui l'entourent demandent à cette cour de libérer carrément le directeur général Théophile Matondo.

La lenteur des procédures judiciaires, base de la surpopulation des prisons

Dans une communiqué du 15 janvier, s'appuyant sur un rapport de monitoring de son équipe à la prison centrale de Makala, la FBCP dit constater que sur un total de 8 679 prisonniers et détenus préventifs incarcérés dans cette institution, seuls 854 sont condamnés. Parmi eux, il y a 22 militaires, 21 femmes, 394 mineurs et dix filles. Cette organisation dit, en outre, avoir été informée qu'il y a eu quatre décès la semaine dernière. Elle continue de déplorer la lenteur dans les procédures judiciaires qui est à la base de la surpopulation et des décès des détenus .

Saluant la libération depuis le 10 décembre 2021 de la veuve de l'ex-patron de la sécurité militaire, feu général Delphin Kahimbi, Brenda Nkoy Okale, et de sa tante Scholastique Mando, la FBCP regrette que la décision de la grâce présidentielle prise dernièrement par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, continue de souffrir de non-exécution. " Malheureusement, cette ordonnance du chef de l'Etat n'est jamais arrivée à la prison centrale de Makala et à la prison militaire de Ndolo ", a-t-elle indiqué, rappelant que la grâce du président de la République devait prendre effet dans les jours suivant cette décision.

" A titre d'exemple, lorsque le président du Sénégal avait gracié 818 prisonniers au cours de l'année 2021, ces derniers étaient libérés dans les quarante-huit heures qui avaient suivi cette décision ", a fait savoir cette organisation. Elle dit ne pas comprendre pourquoi la mise en application des ordonnances du président de la République a toujours traîné.

Regrettant ce malaise, la FBCP exhorte le directeur de cabinet du chef de l'Etat à transmettre en toute urgence, si cela n'est pas encore fait, cette dernière ordonnance au ministre en charge de la Justice, pour son exécution. Au cas où cela serait déjà fait, l'ONG dit attendre du ministre de la Justice la mise en application immédiate et sans délai de cette décision du président de la République.

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