Madagascar: Trafic d'Or - Les présumés cerveaux identifiés

Par le biais du ministre de la Justice, les autorités malgaches s'expriment pour la première fois après l'extradition des deux présumés contrebandiers d'or arrêtés aux Comores. Le garde des Sceaux parle de deux cerveaux qui seraient à la tête d'un réseau de trafiquants.

Un Malga-che et un Arabe. Ce seraient les deux cerveaux du réseau de trafiquants d'or dont les méfaits ont défrayé les chroniques depuis la fin du mois de décembre. Deux cerveaux dont les identités complètes et le pays de résidence sont connus, affirme Herilaza Imbiki, ministre de la Justice.

Les autorités malgaches s'expriment pour la première fois depuis l'extradition de Faizara Pacheco Azali et Stenny Andrianantenai-nambinitsoa, les deux accusés dans l'affaire des 49 kilos d'or saisis aux Comores, le 28 décembre. C'est Herilaza Imbiki, ministre de la Justice, qui a fait face à la presse, hier, à Faravohitra. Affirmant que les deux larrons ont immédiatement été interrogés par les limiers de la section de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, dès leur arrivée au pays, jeudi.

Le garde des Sceaux de la République précise toutefois que les deux présumés patrons du réseau de trafiquant d'or ne se trouvent ni à Madagascar, ni aux Comores. Les deux États de l'océan Indien ont, justement, tous deux émis des demandes de coopération judiciaire aux pays dans lesquels les deux big bosses sont supposés se trouver, selon le ministre Imbiki. Au motif du secret de l'instruction, le membre du gouvernement n'a cependant pas divulgué ni les identités, ni les lieux où sont supposés se trouver les présumés cerveaux du trafic d'or.

Face à la presse, hier, le ministre de la Justice a étayé les informations indiquées par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Moroni. Le réseau de trafiquants opère donc à partir de Madagascar, transportant par bateau la cargaison illicite jusqu'aux Comores, où elle est embarquée à bord d'un avion pour Dubaï.

Herilaza Imbiki parle de criminalité transnationale organisée, dont les ramifications du réseau se trouvent au moins dans les trois pays précités. Herilaza Imbiki rapporte notamment que dans la liste des présumés membres du réseau de trafiquants figure une personne déjà arrêtée aux Comores pour trafic d'or en 2012. " Bénéficiant de différentes procédures, il a pourtant pu être libéré", semble regretter le garde des Sceaux. Cette information a déjà été rapportée par la presse la semaine dernière. Il s'agit d'un Malgache natif de Sambava. Il fait aussi partie de la liste des gens recherchés depuis janvier 2021 dans le cadre de l'affaire des 73,5 kilos d'or saisis en Afrique du Sud, le 30 décembre 2020.

Financement du terrorisme?

Pour en revenir à Faizara Pacheco Azali et Stenny Andrianantenainambinitsoa, ils sont sous la coupe d'une double poursuite judiciaire, indique le ministre Imbiki. Il y a l'affaire des Comores, mais aussi celle d'Afrique du Sud. Les deux extradés des Comores figurent également sur la liste des recherchés pour la présumée contrebande d'or déjouée à l'aéroport de Johannesburg. Au trafic d'or s'ajoute également celui de narcotrafic, puisqu'un kilo d'héroïne a été saisi avec les métaux qui allaient être exportés illicitement vers Dubaï.

À entendre le ministre de la Justice, hier, les autorités veulent faire de ce qui semble devenir une affaire de démantèlement de réseau de trafiquants d'or, un exemple en matière de lutte contre l'impunité. La cible sont surtout les présumés criminels qui se réfugient à l'étranger. Un point qui ramène à l'affaire d'Afrique du Sud où l'extradition des trois Malgaches arrêtés avec les 73,5 kilos d'or est toujours en cours de négociation.

" Il faut souligner que c'est la demande d'extradition faite par Madagascar qui permet de les garder en détention en Afrique du Sud ", a déclaré le garde des Sceaux, au sujet des trois larrons toujours détenus dans les geôles des autorités sudafricaines. Outre l'extradition des présumés contrebandiers, une bonne partie de l'opinion publique attend aussi le rapatriement des cargaisons d'or saisi. A s'en tenir à ce qui été dit hier, les négociations sur le rapatriement des pièces à conviction [dont l'or donc], seraient toujours en cours.

L'enquête devra déterminer l'origine de l'or, les failles qui ont permis leur exportation illicite. Comme l'a soutenu le procureur de Moroni, onze opérations illicites sont parties de Mada-gascar entre septembre et décembre 2021. Herilaza Imbiki ajoute que les présumés trafiquants comptaient encore exporter illicitement deux tonnes d'or. Le rapatriement des métaux précieux saisis aux Comores et en Afrique du Sud, par ailleurs, fait face à un point d'achoppement. Les présumés contrebandiers ont présenté des reçus indiquant que l'or aurait été acheté au Mali.

Ces paperasses présentent la société Parpia Gold, qui serait localisée à Dubaï, comme l'acheteur des métaux précieux. Faisant le rapprochement avec la situation politique au Mali et le contexte sécuritaire dans la région du Sahel, le ministre Imbiki soutient qu'au-delà du trafic d'or et de narcotrafic, l'enquête en cours, actuellement, revêt aussi des enjeux sécuritaires. Il évoque l'éventualité que le réseau ait un lien avec le financement du

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