Sénégal/Cameroun: Aliou Cissé, sélectionneur des lions - "Finir premiers de la poule "

18 Janvier 2022

C'est un Aliou Cissé visiblement rassuré de pouvoir compter sur l'ensemble de son effectif qui a fait face à la presse hier, lundi 17 janvier au centre de performance Tagidor Garden qui fait office de tanière des Lions. Premier du groupe B avec 4 points, le même nombre que la Guinée qui affronte le Zimbabwe à Yaoundé, le sélectionneur national affiche son ambition de terminer premier de la poule. Pourtant autant, il appelle ses joueurs à faire preuve d'humilité et de respect vis à vis de l'adversaire.

Coach, êtes-vous d'avis que vous allez vers un match crucial demain (aujourd'hui) face au Malawi ?

Crucial ? Je pense que c'est un mot très fort. Je dirais que c'est un match important pour notre qualification. Nous avons envie de finir premiers de cette poule-là pour plusieurs raisons. Et pour que cela puisse se faire, il faut effectivement que l'on empoche les 3 points. Nous préparons ce match-là avec beaucoup de sérénité et de sérieux. Nous avons aujourd'hui la joie de retrouver l'ensemble de notre effectif qui est au complet. C'est très bien pour le mental et pour les choix à faire pour ce match.

Se qualifier pour les huitièmes de finale et finir premiers de notre poule.

Avec la configuration actuelle, souhaitez-vous terminer premier ou juste se qualifier à tout prix ?

Les deux premières places sont importantes pour nous. Se qualifier pour les huitièmes de finale et finir premiers de notre poule. Bien sûr nous savons que nous allons faire face à une équipe motivée, qui va jouer avec ses valeurs. S'y ajoute aussi le fait qu'ils ont des individualités devant capables de faire la différence. Donc, je me tue à le dire à chaque fois, qu'il n'y a plus de petits poucets sur le continent africain. Souvent, on parle de favoris mais en réalité, le football d'il y'a 20 ans est différent de celui d'aujourd'hui. On a vu les résultats dans ce début de Can. Donc, c'est important aussi d'avoir l'ensemble de son effectif à sa disposition. Et aujourd'hui, ça nous permet effectivement de pouvoir avoir plus de choix pour constituer la meilleure équipe.

Quel est le mot d'ordre si on sait que les grosses cylindrées ont peiné devant les petits poucets ?

Je crois que le mot d'ordre de ce groupe et de cette CAN-là, c'était d'abord la confiance. Mais cette confiance-là, on l'acquiert à force de gagner des matches, à force de voyager partout dans le continent africain et de rencontrer tout type de football. Par rapport aux résultats que nous faisons, l'ambition n'a pas changé. Nous restons ambitieux, nous voulons aller jusqu'au bout de cette compétition. Malgré tout ce qui a pu nous arriver au début du tournoi, on n'a jamais cherché d'excuses. C'est la réalité du moment. Le peuple sénégalais nous regarde, il était important de leur dire ce qui se passe dans la tanière, dans leur équipe nationale.

Nous restons ambitieux, nous voulons aller jusqu'au bout de cette compétition.

Parce que c'est ça, notre rôle. Mais en aucun cas, on a cherché des excuses. Donc, je parle bien d'ambitions et puis bien sûr d'humilité. Parce que comme je l'ai toujours dit, nous respectons tout le monde. Parfois on me dit même que je manque d'ambitions. Mais, c'est l'expérience que j'ai engrangé en tant que footballeur et en tant qu'entraîneur qui me permet de dire qu'il n'y a plus de petites équipes. Les soi-disant favoris comme nous et les petites équipes qui travaillent tous les jours et qui sont cohérentes et qui ont aujourd'hui en leur disponibilité l'ensemble de leurs joueurs, la différence n'est plus conséquente comme il y a 20 ans ou 30 ans. Donc, tous les matches seront difficiles. En tout cas, nous avons cette humilité de savoir que le match sera aussi difficile que celui contre la Guinée et celui contre le Zimbabwe. Mais je sens des garçons prêts et surtout qui veulent aller loin dans cette compétition.

Les critiques que vous essuyez sont perçues comme une motivation supplémentaire ou une pression inutile ?

Moi, je ne suis pas quelqu'un de borné. Je suis quelqu'un d'ouvert. La critique je l'accepte, qu'elle soit constructive ou pas. Aujourd'hui, nous parlons tous de la même chose, différemment peut-être. Alors d'où que ces critiques peuvent venir, je les écoute attentivement. Après, avec mon intelligence et mon vécu en tant qu'ancien footballeur et en tant qu'entraîneur, je peux filtrer ce qui est bon et ce qui est mauvais. Parce que tout n'est pas mauvais. Donc, s'enfermer et se bunkeriser dans son esprit n'est pas une bonne chose. Quand vous êtes à la tête d'une équipe nationale, on doit savoir qu'elle appartient au peuple. Les Sénégalais ont le droit d'avoir leur point de vue. Et je le respecte totalement. Maintenant sur ces deux matches là, je ne peux pas être satisfait de notre deuxième période contre le Zimbabwe. On en a parlé avec les garçons. Sur la première période aussi contre la Guinée, on a eu à en discuter. Nous sommes tous conscients de ça. Aujourd'hui, les garçons sont prêts à continuer à travailler pour se bonifier et aller de l'avant. En tout cas nous sommes confiants.

Les Sénégalais ont le droit d'avoir leur point de vue. Et je le respecte totalement.

Qu'en est-il du cas Kalidou Koulibaly qui, depuis le 1erdécembre dernier, n'a joué aucun match de compétition ?

Koulibaly, c'est vrai que ça fait pratiquement un mois qu'il n'avait pas compéti. Il est arrivé en sélection le 27 décembre. Don, il a pu bien travailler avec le préparateur physique pendant 10 jours. Arrivé ici malheureusement, il a été testé positif au coronavirus. Mais en réalité, il n'avait pas de symptômes qui lui empêchaient de s'entraîner. Il n'était pas avec le groupe de performance mais son niveau athlétique est plutôt intéressant. On en a parlé avec le préparateur physique. Je pense qu'il sera apte pour le match de demain (aujourd'hui, NDLR)

N'est-ce pas une consigne que vous avez demandé à votre axe central qui ne fait que des relances longues ?

Je pense que verticaliser le jeu fait partie du football africain. J'essaye de leur faire comprendre qu'il faut aussi trouver le juste milieu. Aujourd'hui, nous avons des joueurs qui, offensivement, sont capables de faire la différence. L'objectif aussi, c'est de leur donner le ballon. Moi, je ne prône pas un football trop latéral. Je veux vraiment que le jeu aille de l'avant. La réflexion du joueur aussi est importante, essayer d'avoir cet équilibre-là. Ce qui est important, c'est qu'ils puissent s'appliquer techniquement. Mais il n'y a pas de consigne demandée aux joueurs en ce sens. Tant qu'on peut construire, préparer et verticaliser, ça me va très bien.

Mais au niveau du jeu, il n'y a pas à se cacher, on peut s'améliorer vu la qualité individuelle que nous avons par rapport aux joueurs.

Etes-vous satisfait du jeu produit par votre équipe ?

Ça fait maintenant deux ou trois ans que nous sommes en train de travailler pour avoir une équipe compétitive pour cette CAN-là. On est allés chercher des joueurs qui nous manquaient pour renforcer l'équipe. Au niveau du jeu, c'est sûr et certain que si vous perdez certains joueurs, il va falloir mettre en place un collectif bien huilé. L'équipe du Sénégal a beaucoup changé par rapport au dernier match contre le Congo, où on a perdu Ismaïla Sarr, Krépin Diatta. Là, sur le premier match, il n'y avait pas Edouard (Mendy) et (Kalidou) Koulibaly. C'est vrai qu'il est difficile à un moment donné de trouver une cohérence dans le jeu par rapport à ces joueurs qui avaient l'habitude de faire 3 ou 4 matches ensemble. Ça a été un recommencement avec les nouveaux joueurs qu'il faut motiver et encourager. Parce qu'ils n'ont pas cette expérience du haut niveau. Mais au niveau du jeu, il n'y a pas à se cacher, on peut s'améliorer vu la qualité individuelle que nous avons par rapport aux joueurs. Mais je n'ai pas d'inquiétudes là-dessus. Je suis convaincu qu'on s'améliorera.

Comment jugez-vous le rendement de votre portier Seyni Dieng ?

C'est l'occasion de féliciter Seyni Dieng. Il a su faire ce dont on attendait de lui. Quand vous convoquez 28 joueurs, c'est que tout le monde doit être prêt. Seyni l'a été, il a fait de grosses performances comme toute la défense. Sur l'assise défensive, on est satisfaits parce qu'on a joué deux matches sans prendre de but. Et Seyni a été très important dans cette performance-là.

Quelle a été l'ambiance dans la tanière quand vous avez appris que tout le monde était négatif ?

Rassuré. Parce qu'il n'y a rien de plus important que la santé. Le football, c'est notre passion et nous l'aimons, mais la santé est primordiale. Et aujourd'hui, savoir que tous nos garçons qui étaient malades, reviennent d'abord en bonne santé, est vraiment rassurant.

Ismaïla va bien. Sa récupération se passe très bien.

Quelles sont les nouvelles d'Ismaïla Sarr ?

Ismaïla va bien. Sa récupération se passe très bien. C'est un garçon sérieux, très professionnel. Aujourd'hui, nous espérons d'ici une semaine ou dix jours pouvoir le récupérer dans le groupe. C'est un garçon très important dans notre animation offensive. Et l'avoir avec nous, c'est un plus. Nous prions qu'il revienne vraiment en bonne santé et prêt à jouer.

Pourquoi insistez-vous sur la position axiale de Sadio Mané ?

Sur le plan tactique, oui, on peut penser que Sadio peut venir descendre un peu dans les couloirs parce qu'avec les absences d'Ismaïla et de Krépin nous manquons de la percussion. Mais on est venus ici avec des certitudes dans notre 4-4-2 qui nous a valu beaucoup de bons résultats. On a marqué beaucoup de buts et on en a pris que très peu. J'aurais pu changer de système mais on a voulu garder notre style de jeu et notre stratégie tactique. On est bien conscients que dans un 4-4-2, il faut quand même avoir de la percussion sur les côtés. Ça nous a manqué lors des deux matches, même si les joueurs qui étaient là, n'ont pas été mauvais. Que ça soit Bouna, Mame Baba ou Keïta Baldé, ils ont fait ce qu'ils avaient à faire.

J'aurais pu changer de système mais on a voulu garder notre style de jeu et notre stratégie tactique.

Avec le retour de tous vos joueurs, ne pensez-vous pas que vous ferez face à un problème au moment de choisir l'équipe de départ ?

Vaut mieux avoir plusieurs choix que de ne pas en avoir du tout. Il y a deux jours, j'étais là pour dire que pour construire une équipe, c'était très compliqué. Aujourd'hui, on a l'ensemble du groupe. C'est un problème de richesse. Tant mieux, c'est à moi de faire les bons choix. Mais comme je l'ai dit aussi, le groupe tout entier est conscient. Tout le monde sait que dans les périodes où nous vivons tout le monde doit être prêt. Les 11 qui débutent, mais aussi ceux qui ne débutent pas. Je loue la mentalité de ce groupe en termes de travail mais aussi en termes d'état d'esprit. Donc, je pense que cette solidarité, on l'aura et les 11 qui seront alignés, donneront le maximum tout comme les autres qui rentreront sur le terrain.

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