Congo-Brazzaville: Accès aux soins - Des Congolais méfiants vis-à-vis de leur système de santé

Une récente enquête menée auprès des structures publiques et privées des neuf districts sanitaires de Brazzaville, présentée le 18 janvier, révèle des manquements liés aux conditions d'accueil, à la négligence des malades et au retard à la consultation.

Moins de 24% des habitants de la capitale se rendent à l'hôpital ou dans une clinique, soit une fois tous les 4 ans.

L'étude conduite par l'Observatoire congolais des droits des consommateurs et les Programmes médecins d'Afrique a permis d'interroger quelque 237 soignants ainsi que près de 1000 patients et usagers des services de santé. Elle a porté sur les connaissances, attitude et pratique des droits des patients et autres usagers des services de santé.

Seulement 18% des citoyens interrogés jugent les conditions de la maternité acceptables, 38% apprécient la consultation curative et 50% d'entre eux considèrent l'accueil des hôpitaux acceptable. Très peu de gens (26%) connaissent leurs droits en tant que patients. Cette méconnaissance des droits fondamentaux varie, d'après l'un des auteurs de l'enquête, Alain Bikindou, coordonnateur des Programmes médecins d'Afrique, selon le niveau d'instruction des citoyens interrogés. " Très peu des femmes enceintes et des personnes vivant avec handicap connaissent leurs droits devant un personnel soignant ", a-t-il souligné.

Il ressort globalement de l'enquête que la majorité des professionnels de santé a une faible connaissance du droit médical. Les jeunes médecins connaissent moins ces droits, a ajouté Alain Bikindou, tandis que les plus anciens ont une large connaissance du sujet. Quant aux droits de la femme enceinte, 82% des sages-femmes reconnaissent avoir déjà entendu parler, encore moins chez les médecins (56%) et les infirmiers (52%).

Pour le secrétaire exécutif de l'Observatoire congolais des droits des consommateurs, Mermans Babounga, ces chiffres sur l'accès de la population aux soins de santé sont assez préoccupants et interpellent sur la relation de confiance entre médecins et patients. Le but de l'enquête, a-t-il indiqué, est de pouvoir renforcer la redevabilité des soignants, afin d'améliorer l'accès aux soins de santé en République du Congo.

Il est temps que le pays se dote d'un code médical censé prendre en compte les nouvelles problématiques médicales, a plaidé Mermans Babounga. " L'observatoire s'intéresse au secteur de la santé dans la mesure où les services et les produits sont aussi pour les consommateurs. (... ). Il y a problème entre les formations sanitaires et les patients : les professionnels de santé ne sont pas suffisamment informés que les patients ont des droits.

C'est le code de déontologie professionnelle des professionnels de santé et des affaires sociales de 1988 qui interdit au personnel soignant de l'État d'exercer à la fois pour la clientèle privée ", a-t-il insisté. L'observatoire fustige l'incapacité des pouvoirs publics à faire appliquer la règlementation en vigueur. Il a promis de s'engager davantage en faveur de la promotion du droit médical dans le pays.

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