Cameroun: Etudiants étrangers - Le calvaire des premiers jours en France

8 Janvier 2022

Clara et Josèphe sont deux jeunes étranger qui étudient en France depuis peu de temps. Pour ces jeunes qui viennent d'arriver dans un pays où ils n'ont au début aucune relation sociale, les premiers jours peuvent être vraiment compliqués.

Entre la solitude, la dépression et la nostalgie, leur existence peut rapidement basculer. Témoignages de deux étudiants étrangers dont la période d'adaptation a été vécue comme un enfer.

Josèphe C. et Clara N. arrivent en France respectivement en septembre 2020 et septembre 2021. En quittant leur pays (Cameroun pour Josèphe et la république du Congo pour Clara), ils ont une image plutôt positive de leurs débuts en France : " L'excitation qui précède l'arrivée en France est toujours très grande ", estime le premier. Et pour la deuxième, " même si la tristesse de devoir quitter ses proches et parents est toujours vivante, elle se laisse souvent surpasser par le désir de découvrir ce nouveau pays avec toutes ses belles promesses ".

Mais le désenchantement est quelquefois plus rapide. Dès les premiers pas sur le sol français, certains étudiants étrangers se confrontent à une réalité qu'ils n'imaginaient pas sans doute : une forte impression due changement radical de l'environnement. C'est ce qui arrive justement à Clara qui étudie actuellement à l'université de Montpellier 3: " Dès ma sortie de l'aéroport, j'ai reçu comme un choc. Rien n'était pareil. Je me suis sentie un peu perdue. " Cette africaine avait vécu toute sa vie dans son pays et voyageait en Europe pour la première fois.

Seule au monde ?

Mais le charme des premières heures passé, d'autres difficultés apparaissent rapidement. Clara qui intègre bientôt son appartement à Montpellier vit son installation très mal. La jeune congolaise était habituée à vivre dans son pays dans une grande maison familiale avec une cour commune.

Mais en France, elle se confronte à une réalité contraire : " je restais tout le temps enfermée dans ma chambre. Ici, c'est chacun pour soi. Je n'avais personne avec qui échanger.", se souvient-elle. Arrivée en France deux semaines avant sa rentrée universitaire, elle n'a pas encore de camarades. Obligée donc de vivre totalement seule, elle en souffre intérieurement. Cette situation la marque très violemment. et aujourd'hui encore, elle s'en souvient avec une forte émotion : " J'avais l'impression d'être seule au monde.

Le désarroi s'était emparé entièrement de moi. Je pleurais tout le temps . " Complètement dépassée, elle veut retourner dans sa ville natale de Pointe-Noire et regrette rapidement d'être venue en France. Mais avec les encouragements de ses parents et amis, elle choisit finalement de rester. Alors pour se sentir mieux, elle bouscule ses habitudes.

De nature peu bavarde, elle devient plus sociable : " J'ai été obligée de me rapprocher moi- même des gens " déclare-t-elle avant d'ajouter : " mais ça n'a pas bien marché forcément ". Quand nostalgie et solitude s'assemblent pour accabler. Josèphe a une vingtaine d'années, vient de Douala, la capitale économique du Cameroun et étudie actuellement à l'université de Lorraine. Les deux premières semaines qui suivent son voyage sont plutôt agréables. " Au début, j'étais avec un compatriote qui m'avait accueilli.

On sortait souvent pour visiter des villes et se détendre ", affirme-t-il avec un petit sourire. Mais dès qu'il s'installe seul à Metz pour ses études, il commence à ressentir le poids de la solitude. " Je devais tout le temps rester dans ma petite chambre de 9 m2. Je ne connaissais personne. C'était vraiment compliqué pour moi.

C'était la première fois que je vivais une situation pareille ", se souvient-il tristement. Le jeune étudiant estime que durant ces moments, il était animé par un sentiment de profonde désolation. Mais ce qui l'accable encore plus, c'est l'absence de ses proches. C'est la première fois de sa vie que Josèphe quittait son pays et les siens, et il a du mal à supporter cette sorte de rupture forcée. " Je pensais tout le temps à mes proches, mon père, ma mère, mes frères et sœurs . Loin de ma famille, c'était terrible pour moi ". Alors il cherche à les avoir continuellement près de lui.

" Je téléphonais mon pays chaque fois, parce que j'avais besoin de parler à quelqu'un pour me sentir bien. Je cherchais comme une sorte d'assurance ", se souvient le jeune Camerounais.

Ces appels téléphoniques et les réseaux sociaux le réconfortent de temps en temps mais sans combler tout le vide laissé par ses parents et amis. Mais après les difficultés rencontrées durant les premiers moments en France, tout commence à s'améliorer pour lui tout comme pour Clara. Ils arrivent progressivement à s'adapter à leur pays d'accueil et à être épanouis sur le plan personnel.

Aujourd'hui, Clara est parvenue à se faire des amis dans sa faculté et elle partage ses beaux moments avec eux sur les réseaux sociaux. Josephe a réussi à entrer en contact avec d'autres compatriotes de sa ville, avec qui, il a visité d'autres régions de France et d'Europe. Comme on dit, les premiers pas sont toujours les plus difficiles.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X