Maroc: Omicron beaucoup moins grave et létal que le Delta

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Le nouveau variant semble moins préoccupant que sa classification le laisse supposer

Le bilan épidémiologique émis lundi soir par le ministère de la Santé, nous renvoie aux heures les plus sombres de la pandémie au Maroc. En enregistrant 17 décès en 24 heures, le Royaume semble plus que jamais à la merci du variant Omicron. Mais en réalité, aux antipodes des craintes de l'Organisation mondiale de la santé, tout porte à croire que le nouveau variant est beaucoup moins préoccupant que sa classification le laisse supposer.

Certes, le scénario d'une aggravation "du cas de certains patients Covid+ pouvant nécessiter une hospitalisation et même provoquer le décès" tant redouté par l'Organisation onusienne n'est pas à écarter, hypothèse corroborée par le Pr Azeddine Ibrahimi, affirmant dans une déclaration au JT de 2M que "le nombre de cas va être en nette augmentation, à partir de la semaine prochaine, ainsi que celui des cas critiques". Mais force est de constater que les chiffres dessinent une autre réalité.

En comparant le cumul hebdomadaire le plus élevé de la vague Omicron (du 10 janvier au 16 janvier 2022), à celui de la vague Delta (du 26 juillet au 1er août 2021), il saute aux yeux que le nouveau variant ne pèse pas bien lourd face à son devancier. En détail, 46.569 cas, 536 nouvelles admissions en réanimation et 56 décès ont été enregistrés pendant la vague Omicron, contre 50.445 nouveaux cas, 1018 admissions en réanimation et 244 décès lors de la période Delta.

A la lumière de ces éléments, il paraît évident que pour le moment, Omicron a fait beaucoup moins de dégâts que le Delta : deux fois moins de Covid grave et quatre fois moins de décès. Comment expliquer cette disparité, à l'extrême opposée des craintes émises par l'Organisation onusienne ? La réponse est à chercher du côté des symptômes. Bien que le variant Omicron soit apparu très récemment, les chercheurs commencent à récolter des données fiables sur ses caractéristiques.

Comme en témoigne le point épidémiologique hebdomadaire du 7 janvier 2022, dans lequel Santé publique France a analysé 338 cas confirmés d'infection au variant Omicron du SARS-CoV-2. De ce rapport ressortent plusieurs éléments. D'abord, 89% des cas étaient symptomatiques. Ensuite, l'immense majorité des cas symptomatiques présentaient des symptômes bénins, alors que seulement 2% des patients ont dû être hospitalisés et aucun patient n'a nécessité des soins en réanimation.

Ces données confirment les tendances perçues ces dernières semaines, faisant état d'un variant très contagieux. Mais a contrario, il génère moins de cas graves et nécessite moins souvent une hospitalisation. En sus, les symptômes observés dans ledit groupe de patients étudiés, sont caractérisés à 60% par une forte fatigue (asthénie), à hauteur de 54,6% par une toux, et à 48,9% par de la fièvre.

D'autres symptômes ne sont pas non plus à écarter comme les maux de tête, les douleurs musculaires, les maux de gorge, l'écoulement nasal et l'essoufflement. En revanche, la perte du goût et/ou de l'odorat n'était présente que chez 9% des patients. Par ailleurs, une étude norvégienne datée du 16 décembre 2021, a mis en évidence les symptômes les plus fréquents. A savoir la toux (83%), le nez bouché (78%), et la fatigue (74%) dans un groupe de 89 patients positifs au variant Omicron.

Bref, il semblerait que le monde s'est surprotégé d'un variant qui ne ferait pas de mal à une mouche. On force quelque peu le trait, mais le variant Omicron ressemble fortement à la grippe dont notre corps est habitué depuis des dizaines d'années. D'autant qu'il ne descend pas dans les poumons.

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