Maroc: Une phase de groupes lancée sur les chapeaux de roues mais conclue sur la jante

Quels enseignements en tirer ?

Le nul concédé parle Maroc face au Gabon, mardi soir, aura des répercussions qui ne resteront pas sans lendemain. Aussi bien dans les têtes que dans les jambes. Mais surtout dans les têtes. Notamment celle de Chair, remplacé dès la demi-heure de jeu. Dans sa volonté d'offrir des minutes à certains joueurs et d'ouvrir son banc, pendant cette aventure continentale, Vahid Halilhodzic a pris le risque de gripper une machine qui tournait à plein régime.

Un choix qui ne doit rien à une quelconque générosité exacerbée. Il est plutôt dicté par des impératifs de cohésion de groupe, afin de ne laisser personne sur le bord de la route, dans le chemin censé le mener au sacre africain. Hypothèse crédible, notamment, au vu des arguments démontrés lors des trois matchs du groupe C, dont les Lions de l'Atlas ont fini premiers. "Libé" tire les principaux enseignements d'une phase de groupes lancée parle Maroc sur les chapeaux de roues et conclue sur la jante.

Des remplaçants à la peine

Le stade Ahmadou Ahidjo à Yaoundé a été témoin du gouffre qualitatif séparant les remplaçants, plus communément surnommés dans le monde du football "les coiffeurs", du onze titulaire. En l'absence de Saïss, laissé au repos au profit de Chakla, la défense de l'équipe nationale a pris l'eau de toutes parts. Sur l'ouverture du score chanceuse du Gabonais Jim Allevinah (22'), d'aucuns soutiendront que Chakla a malencontreusement glissé. Sauf que sa glissade n'est en réalité que la conséquence de son attentisme. Si le défenseur central avait attaqué le ballon, l'histoire aurait certainement été tout autre. Mais ça, on ne le saura jamais. En revanche, une chose est sûre, quand Saïss est absent, toute l'organisation défensive s'en trouve fragilisée.

Le leadership du joueur de Wolverhampton a manqué. Un doux euphémisme. Tout comme l'activité défensive et l'agressivité de Louza au milieu du terrain. Son renvoi sur le banc n'est pas étranger au trou béant dans l'entrejeu. Résultat : la défense a été moins protégée que d'habitude et donc beaucoup plus sollicitée et agressée. Bien qu'Aguerd soit l'auteur d'un C.S.C (81'), en détaillant la séquence de jeu, on serait plutôt tenté de pointer le dépeuplement au milieu du terrain, ce qui a permis au joueur gabonais de conduire la balle sur une trentaine de mètres, avant de servir sur un fauteuil son ailier, auteur du centre dégagé dans ses filets par le défenseur marocain.

Ounahi, intéressant par séquences, a manqué de personnalité dans ses prises de balles et son positionnement défensif fut poreux. Rien de bien rédhibitoire pour un gamin de 21 ans. Quant à Fajr, sa prestation a été d'une pauvreté abyssale. A l'évidence, il a fait son temps en équipe nationale, et sa présence dans le groupe tient plus de sa capacité à mettre l'ambiance qu'à mettre le pied sur le ballon.

La capacité à rebondir

Bien évidemment, tout n'est pas à jeter dans la prestation d'ensemble de l'EN face au Gabon. A commencer par la capacité à rebondir et le non renoncement des hommes de Vahid Halilhodzic, mis en relief par le sélectionneur bosnien lors de la conférence de presse d'après-match : "C'est la première fois qu'on se retrouve menés deux fois. Cette rencontre contre le Gabon va sûrement nous servir de leçon pour la suite de la compétition". Il ne croit pas si bien dire.

Revenue par deux fois au score, grâce à des réalisations de Sofiane Boufal (74') sur un penalty plus que généreux et d'Achraf Hakimi (84') d'un coup de patte magistral, l'EN a assuré l'essentiel et démontré à son coach la porosité du 4-4-2 en losange, instauré d'entrée de match. La sortie de Chair, remplacé par Amallah, a coïncidé avec un retour au 4-3-3, plus conforme et adapté aux qualités du groupe marocain. Mais quel que soit le système de jeu utilisé, l'EN souffre d'un mal plus profond.

L'imprécision des attaquants

En un peu plus de 270' de jeu dans le groupe C, le Maroc a confisqué le ballon 62% du temps et a réussi 81% de ses passes. Plus important encore, l'EN a tiré au but à 42 reprises. Mais seulement près d'un tiers des tirs ont été cadrés (15). Cette disparité met en évidence, d'une part, la méforme des attaquants dont aucun n'a ouvert son compteur but, excepté Aboukhlal, habituel remplaçant, contre les Comores. Et d'autre part, la difficulté des Nationaux à s'approcher du but adverse et se créer des occasions nettes.

Rappelez-vous les cinq buts inscrits. Lors du premier match contre le Ghana, la lumière est venue des pieds de Boufal après un cafouillage dans la surface de réparation adverse. La victoire face aux Comores est à mettre sur le compte d'exploits individuels d'Amallah. Enfin, les deux buts inscrits dans les filets du Gabon l'ont été sur des coups de pied arrêtés.Bref, tout ça pour souligner l'incapacité du Maroc à démontrer une véritable expression collective. Mais on peut tout de même se réjouir des progrès en termes de solidité défensive.

Une défense d'airain

Hormis le nul concédé contre le Gabon, la défense marocaine, oscillant entre un bloc bas et médian, est solide, compacte et laisse peu d'espace à l'opposant pour s'organiser. Il n'en faudra pas moins alors que se profilent les 8èmes de finale, le 25 janvier, contre l'un des troisièmes des groupes A, B ou F. Une phase à élimination directe où les destins sont sur un fil et risquent de basculer d'un côté comme de l'autre à la moindre erreur ou hésitation.

Point final

Point final du groupe C de la Coupe d'Afrique des nations de football à l'issue des matches disputés mardi pour le compte de la troisième journée:

Mardi 18 janvier

Ghana - Comores 2 - 3

Gabon - Maroc 2 - 2

Déjà joués

Comores - Gabon 0 - 1

Maroc - Ghana 1 - 0

Gabon - Ghana 1 - 1

Maroc - Comores 2 - 0

Classement: Pts J G N P bp bc dif

1. Maroc 7 3 2 1 0 5 2 3

2. Gabon 5 3 1 2 0 4 3 1

3. Comores 3 3 1 0 2 3 5 -2

4. Ghana 1 3 0 1 2 3 5 -2

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