Nigeria: Le pays entre de bonnes mains avec l'expérimenté Eguavoen

Nous n'avons encore rien gagné ici, à part des points, dixit le sélectionneur des Super Eagles

Patron par intérim du Nigeria lors de la Coupe d'Afrique des nations en cours au Cameroun, Augustine Eguavoen, visage familier de la sélection, a peut-être la recette pour atteindre le sacre, lui qui a été titré en tant que joueur. Si les "Super Eagles" devaient affronter mercredi la Guinée-Bissau lors de leur dernier match du groupe D à Garoua, tout près de la frontière avec le Nigeria, ils ont déjà assuré leur qualification pour les huitièmes de finale grâce à deux victoires probantes en deux rencontres, dont une sur l'Egypte (1-0) de Mohamed Salah.

Les supporters nigérians cultivent donc un certain optimisme quant aux chances de leur équipe de remporter une quatrième CAN. Le début de tournoi sans accroc des coéquipiers de l'attaquant Taiwo Awoniyi contraste avec leur préparation tumultueuse, qui a vu leur sélectionneur de longue date, l'Allemand Gernot Rohr, être limogé en décembre et Eguavoen nommé comme intérimaire. Le très expérimenté Rohr, 68 ans, était à la tête de la sélection depuis 2016, et a notamment mené le Nigeria au Mondial-2018 et à la troisième place de la CAN 2019 en Egypte, mais son maintien en poste avait par la suite suscité la polémique. Eguavoen, âgé de 56 ans, travaillait en tant que directeur technique de la Fédération nigériane de football (NFF) avant d'être invité à remplacer Rohr et à occuper le banc de touche jusqu'à ce que le Portugais José Peseiro prenne la relève.

L'intérimaire appartient à une génération dorée de joueurs nigérians. Il a d'ailleurs été capitaine de l'équipe lors de la victoire en finale de la CAN 1994 contre la Zambie. L'ancien défenseur aux 49 sélections a notamment évolué en équipe nationale aux côtés de Jay Jay Okocha, Sunday Oliseh, Finidi George, Daniel Amokachi et Emmanuel Amunike, ce dernier ayant inscrit un doublé contre les Zambiens. Cette année-là, le Nigeria a également atteint les huitièmes de finale de la Coupe du monde organisée aux Etats-Unis. Eguavoen a ensuite mené les "Super Eagles" à la troisième place de la CAN2006 lors de son premier mandat de sélectionneur. Avec un bref intermède en 2010, c'est la troisième fois qu'il dirige la sélection nigériane. Mais la décision de lui confier de nouveau les rênes de l'équipe n'a pas été bien accueillie au Nigeria. Beaucoup ont estimé qu'il était trop proche des dirigeants actuels de la NFF dans son rôle de directeur technique. Eguavoen est un gentleman en dehors du terrain et impose le respect, sans être aussi populaire qu'Okocha ou Oliseh.

Il se montre confiant dans ce qu'il peut accomplir avec une équipe solide, particulièrement redoutable en attaque avec des éléments évoluant en Europe comme Samuel Chukwueze, Kelechi Iheanacho et Moses Simon. Le Nigeria a pris un bon départ et une voie favorable s'ouvre à lui pour les phases finales. Si Eguavoen va jusqu'au bout, la NFF pourrait se retrouver dans une position délicate. Peseiro, qui a entraîné le Sporting dans son pays, le géant égyptien d'AlAhly et la sélection d'Arabie Saoudite, doit prendre ses fonctions après la CAN, avec en point de mire une qualification du Nigeria à la prochaine Coupe du monde, avec les barrages du mois de mars. Pourtant, le président de la NFF, Amaju Pinnick, a laissé entendre qu'Eguavoen pourrait conserver son poste s'il menait le Nigeria au triomphe au Cameroun.

"Nous savons qu'Eguavoen peut faire le travail de manière experte, mais nous savons aussi qu'il sera plus utile en contrôlant le département technique", a déclaré Pinnick après sa nomination. "Si Eguavoen gagnait la CAN, nous pourrions y repenser. Dans ce cas, l'entraîneur étranger(Peseiro) deviendrait le directeur technique", a-t-il détaillé. Pour l'instant, Eguavoen ne s'emballe pas. "Il est important pour nous de conserver la mentalité de vainqueur tout en gardant la tête sur les épaules", a-t-il expliqué aux médias nigérians cette semaine. "Nous n'avons encore rien gagné ici, à part des points", a-t-il prévenu.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X