Afrique de l'Ouest: Sahel - Plus de 2,5 millions de déplacés en une décennie

La sécheresse chronique signifie que certaines familles de Kayes n'ont plus rien à partager. (archive)
20 Janvier 2022

Le HCR appelle à une action internationale concertée pour venir en aide aux personnes déplacées alors que les attaques se sont multipliées ces derniers mois.

Plus de deux millions et demi de personnes ont fui leur foyer au cours de la dernière décennie (entre 2013 et 2021) dans le Sahel. C'est ce qu'indique l'Agence des Nations unies pour les réfugiés. Depuis 2013, le nombre de personnes déplacées a ainsi été multiplié par dix. Et l'an dernier, plus de 500.000 personnes ont dû abandonner leur foyer.

Recrudescence d'attaques violentes

2021 a été particulièrement une année difficile pour les personnes vulnérables. Le HCR fait savoir qu' "une recrudescence d'attaques violentes dans toute la région a entraîné le déplacement de près de 500.000 personnes". Plus de 800 attaques ont ainsi eu lieu rien que l'année dernière, évalue l'agence onusienne qui se base sur des estimations de partenaires.

Cette augmentation du nombre de personnes déplacées est due à une convergence de crises : "l'insécurité aggravée par l'extrême pauvreté, la pandémie de Covid-19 et l'aggravation de la crise climatique", explique Abdou Raouf Gnon-Konde, représentant du HCR au Burkina Faso sur la DW.

Le Burkina Faso compte le plus de personnes déplacées au cours de la décennie. Six personnes sur dix déplacés sont des Burkinabè, évalue Abdou Raouf Gnon-Konde du HCR. Le Burkina Faso compte en effet plus d'un million et demi de déplacés internes, en raison notamment des attaques. La semaine dernière, au moins une dizaine de civils ont été tués dans une attaque attribuée à des jihadistes contre le village de Namssiguian, dans la province du Bam dans le nord du Burkina Faso.

Les besoins des populations

Présent depuis quelques jours dans l'Est du Burkina Faso, Abdou Raouf Gnon-Konde a rencontré des populations qui ont besoin d'abris. Le HCR a certes pu construire des milliers d'abris. Mais "les populations nous disent qu'elles ont toujours besoin que l'on puisse rester à leurs côtés pour continuer d'apporter l'appui dans les domaines de l'éducation, l'accès à l'eau potable ou avoir des terres", réplique le représentant du HCR au Burkina Faso.

Outre le Burkina Faso, le Mali et le Niger compte aussi des déplacés internes. Le nombre de personnes déplacées a ainsi augmenté dans les régions de Tillabéry et Tahoua alors qu'au "Mali voisin, plus de 400 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, soit une augmentation de 30% par rapport à l'année précédente". Selon Abdou Raouf Gnon-Konde, "Nous faisons face à une crise qui requiert que la paix et la stabilité reviennent".

L'Agence des Nations unies pour les réfugiés fait savoir qu'elle a besoin de soutien des donateurs pour sauver des vies. Pour une réponse efficace cette année au Burkina Faso, au Mali et au Niger, l'agence a encore besoin de 307 millions de dollars.

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X